La réalité virtuelle, une porte ouverte sur un nouveau monde.

La réalité virtuelle, une porte ouverte sur un nouveau monde.

Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste.

Depuis longtemps, nous pouvions nous interroger sur les solutions trouvées en dehors de l’Hexagone pour guérir les phobies, l’herbe du voisin étant toujours plus verte. Des techniques à Singapour ou à Sydney pouvaient nous sembler intéressantes. Il n’aura pas fallu aller aussi loin : à Marseille, le Dr Éric Malbos s’est penché sur la question, visant à conjuguer exposition et jeux vidéos.

Depuis l’apparition des TCC (thérapies comportementales et cognitives), nous savons que le sujet ne peut faire l’économie de s’exposer à ses propres peurs, et nous constatons que souvent, l’angoisse est si aiguë qu’il préfère renoncer.

Le Dr Malbos a conduit son expérience dans le cadre d’une collaboration entre le CNRS et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Il s’agit d’une première sur notre continent.

Les tests initiaux ont été réalisés sur l’acrophobie, la phobie du vide, qui touche un grand nombre de personnes : le phobique est accompagné par le praticien qui peut, en situation réelle, aider et apprendre au sujet à évoluer en lui et dominer sa phobie.

Un pont suspendu entre deux montagnes, un minuscule balcon, ou le Grand Canyon, autant d’environnements dans lesquels l’acrophobe ne risque pas d’aller perdre son temps. Dans une réalité virtuelle, le patient laissera transparaître son angoisse par des signes qu’il ressentirait dans la même situation, hors simulateur : palpitations, raideur des muscles, transpiration, idée de mort imminente… I

l est important d’installer une échelle de 1 à 100, 1 étant l’absence de peur, 100 son paroxysme. Cette échelle aura pour vocation de nous permettre de connaître l’état du patient et sa progression, elle sera le thermomètre de la situation. Une nouveauté en Europe est l’utilisation de l’imagerie cérébrale, on y voit les zones sollicitées.

Récemment, Pierre Gadea, dirigeant de la société C2Care a mis au point des scénarios pour l’agoraphobie, la claustrophobie, l’acrophobie… afin de pouvoir doter les professionnels d’un casque de réalité virtuelle. Nombre de mes patients ne souhaitent pas, pour diverses raisons, se rendre dans un centre hospitalier, préférant attendre que je sois équipé de ce matériel.

Conjuguer psychanalyse et TCC avec la réalité virtuelle est à mon sens une excellente entrée permettant d’éviter qu’une phobie ne se déplace sur une autre angoisse qui pourrait s’avérer encore plus handicapante. Il faut avancer pas à pas, tel un funambule, afin d’obtenir le mieux pour nos patients.



Rodolphe Oppenheimer

Psychanalyste
Membre associé de l’Institut National de Psychanalyse
Adolescents et Adultes

8 Place des Martyrs
92110 Clichy

Tel: 07 52 03 82 01

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