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Comment dire oui au changement ?

Nous avons tous fait l’expérience de la prise de décision, et de la nécessité de faire un choix. Nous savons aussi que ce genre de décision peut être source de bienfait, tout en restant difficile à accepter. Changer en effet suppose un renoncement, on délaisse et on accepte de perdre quelque chose qui nous était familier, parfois acquis, et on aspire à quelque chose de nouveau qui serait plus conforme à nos désirs. Mais la dimension inconnue qui s’ouvre alors peut poser une difficulté, au moment de franchir le pas.

Comment arriver au changement ?

Il peut être intéressant d’analyser la raison qui nous pousse au changement, de même que la nature de la difficulté qu’elle implique. Ce processus s’amorce lorsqu’on prend conscience d’une souffrance, d’un mal-être. Quelles que soient les problématiques sous-jacentes, il est conseillé de poser les pensées sur le papier, d’énumérer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. On peut ainsi mettre en évidence une direction vers laquelle on souhaiterait tendre. Cet exercice d’écriture permet de garder un schéma de pensée, qu’on peut suivre au cours de notre cheminement ; à l’image d’un architecte sur un chantier, on est en mesure de ressortir son plan de vie à n’importe quel moment, et on peut se souvenir des raisons qui nous ont motivés à faire un choix plutôt qu’un autre.

En apportant un changement, on peut se rendre compte d’une méthode ou d’une façon de faire passée qui n’a pas fonctionné. Deux options se posent alors : soit on persiste dans la situation qui conduit à l’échec, et on nie la réalité, soit on fait un changement qui produira des effets nouveaux et offrira par-là une chance de réussite. Mais changer induit le fait d’accepter et de reconnaître l’échec.

En amour, on peut se dire que la chance  ne sera jamais au rendez-vous, que la fatalité a décidé de nous faire rencontrer exclusivement des personnes incompatibles. Dès lors ne se profile plus que la perspective d’une retraite triste et esseulée.

Pourquoi ne pas se dire plutôt que le choix d’un partenaire n’est pas voué à se poser éternellement sur le sosie du dernier – ou du père ou de la mère ? Il est aussi possible de penser que nous sommes notre propre « fatalité » tant que nous ne la changeons pas !

Ces exemples de désirs de changements, s’ils semblent très différents, ont en réalité une multitude de points communs. Ces choix parfois difficiles en effet nous imposent de renoncer pour avancer, et changer nos vieux réflexes de façon à pouvoir créer de nouveaux schémas, plus lumineux, joyeux et efficaces. On s’émancipe alors de nos échecs passés, ceux-là même que l’on reproduisait par peur du changement. Il ne s’agit en rien de gommer ou jeter ce passé à la mer, celui-ci fera toujours partie intégrante de nous, et personne ne pourra nous en déposséder. Ce passé est la richesse de notre esprit actuel, celui qui nous dirige, directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment dans les décisions que nous devons prendre. Changer par conséquent c’est accepter, puis contempler le changement qu’on a opéré, en faire une force, se l’approprier, pour être à même de maîtriser les événements plutôt que de les subir.

Agir avec le changement et non pas contre lui.

Si l’envie de changer s’empare de vous, ne vous laissez pas déstabiliser par la crainte, l’angoisse, le manque d’air, ne vous attardez pas sur ces  signes , tentez de vous calmer et de persévérer. Ne vous détournez pas de la tâche que vous avez entreprise, continuez calmement, différemment éventuellement mais ne passez pas à autre chose car vous n’auriez alors rien changé à votre dynamique, et resteriez en souffrance.

Le meilleur, voici la récompense, celle qui vous attend au terme de votre plan d’action, ce croquis de contremaître que nous avons fait ensemble. Les motivations qui vous ont poussé à changer sont couronnées de succès, votre courage est récompensé, et vous touchez à la réussite d’avoir modifié tant de choses déjà dans votre vie.

Il vous reste à présent à recentrer les choses, démêler passé et présent pour mieux construire votre avenir, accepter de vous séparer du nourrisson, de l’enfant ou de l’adolescent que vous étiez : « Le bon sens est la chose la mieux partagée » disait Descartes. Soyez confiant, votre bon sens vous indiquera toujours la bonne direction.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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