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La peur du sang : causes, conséquences et traitements

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la peur du sang ou « l’hématophobie » se place au troisième rang des phobies les plus répandues sur la planète. Les études néanmoins restent rares, et l’avancement lent qui caractérise la recherche sur la question se traduit par un manque d’information disponible au grand public, ralentissant ainsi le traitement de ce trouble.

Essayons de décrire le fonctionnement de l’hématophobie, ses symptômes, causes, conséquences et voyons quels sont les traitements qui existent pour la soigner.

 Qu’est-ce que la peur du sang ?

L’hématophobie, ou la peur du sang, est une phobie très répandue, de caractère irrationnel ou excessif, qui se déclenche à la vue du sang ou encore par anticipation à l’idée de voir du sang. L’élément déclencheur de la phobie n’est donc pas uniquement le sang. Ainsi, plusieurs comportements anxieux sont associés à l’hématophobie :

  • La peur de se blesser (et donc de voir du sang), des accidents et des maladies
  • La peur des objets tranchants : couteaux, aiguilles (bélonéphobie)
  • La peur des hôpitaux, des perfusions et des injections

C’est pourquoi on définit ce trouble comme la phobie du sang-injection-accident (PSIA). En effet, la personne qui en souffre tend à éviter toute situation pouvant mener à la vue du sang. Évidemment, cette phobie se manifeste avec différents degrés d’intensité selon les patients. On retrouve donc la présence ou non des comportements cités précédemment, l’approche thérapeutique varie donc en fonction des patients.

Quels symptômes et conséquences à la peur du sang ?

Les réactions d’un individu hématophobe se distinguent des autres phobies. En effet, celles-ci observent deux phases.

La première phase, qui suit immédiatement la vue du sang ou la présence d’un élément déclencheur, est similaire à la réaction engendrée par les autres types de phobies. Elle se caractérise par une augmentation de la tension artérielle, du rythme cardiaque (tachycardie) et de la respiration. Ces symptômes surviennent suite l’activation du système sympathique.

La deuxième phase est propre à la phobie du sang. Elle se manifeste par un ralentissement de la tension artérielle, du rythme cardiaque, et une faiblesse musculaire. Ce sont les premiers symptômes du malaise vagal, une perte de connaissance brève peut survenir.

Quelles sont les causes de l’hématophobie ?

La cause première de la phobie du sang est difficile à déterminer. Celle-ci peut être liée à un évènement traumatique, ou alors à d’autres causes pré-existantes qui resurgissent, par l’entremise de cet évènement traumatique. En psychologie, la peur du sang est éventuellement liée à la peur de la mort, le sang étant la matière vitale du corps, sa perte entraîne une perte de vitalité causant la mort. L’hypersensibilité du système nerveux peut également entrer en ligne de compte comme un facteur de risque favorisant l’hématophobie.

Comment traiter la peur du sang ?

Le traitement de l’hématophobie ou phobie du sang repose sur différentes approches, plus spécifiquement psychothérapeutiques. La psychanalyse et les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont les plus communes et les plus efficaces.

Thérapies comportementales et cognitives

Les thérapies comportementales et cognitives dans le cadre des différents troubles anxieux, dont la phobie du sang, se basent sur le traitement des symptômes afin d’apprendre au patient à les maîtriser. Il existe plusieurs techniques à cette fin : exposition seule, relaxation ou tension durant l’exposition, tension seule, exposition à l’émotion de dégoût. Il s’agira donc de soumettre progressivement le patient à la vue du sang, par l’intermédiaire d’images ou de vidéos, à son rythme et ce pendant une certaine période.

Le traitement peut recourir à une seule technique ou alors en combiner plusieurs sur un nombre de séances que le psychothérapeute aura défini avec le patient.

Psychanalyse

La psychanalyse fonctionne également dans le traitement des troubles anxieux et notamment des phobies. Elle ne se focalise pas sur la maîtrise des symptômes, mais plutôt sur l’élaboration des causes possibles de la phobie. Le but de la psychanalyse consiste à identifier les origines de l’hématophobie dans l’histoire du patient, de façon à pouvoir les réduire ou les faire disparaître. La psychanalyse peut aisément être articulée avec une thérapie cognitivo-comportementale de façon à traiter, sur le cours terme, les symptômes de la peur du sang.

L’hypnose

L’hypnose permet d’amener le patient également à contrôler ses symptômes lors d’une situation de malaise, et l’aide ainsi à rompre le lien qu’il fait entre le sang et l’angoisse.

La technique de la gestion émotionnelle (EFT)

C’est une méthode contemporaine qui combine la psychothérapie à l’acupression (pression avec les doigts). L’acupression consiste en effet à stimuler le système nerveux ; en association à la psychothérapie, elle permettrait de désensibiliser le patient, et dissocier le souvenir traumatique du malaise qu’il ressent.

La peur du sang a des conséquences paralysantes au niveau individuel et social. Il s’agit néanmoins d’une phobie qui peut être traitée. Les thérapies comportementales et cognitives associées à la psychanalyse sont particulièrement efficaces et recommandées.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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