Quand les troubles psychiques bouleversent la famille

Quand les troubles psychiques bouleversent la famille

Une personne sur quatre en Europe souffre de troubles psychiques. Difficiles à vivre pour la personne qui en est atteinte, ils sont aussi éprouvants pour son entourage ; qu’il s’agisse des amis ou de la famille, on se retrouve souvent partagé entre la volonté d’aider ce proche, et le poids que ce soutien représente au quotidien. Qu’est-ce qu’un trouble psychique ? Comment sont-ils appréhendés par l’entourage du malade ?

Troubles psychologiques, de quoi parle-t-on ?

Les troubles psychiques, désignés aussi sous les termes de « troubles psychiatriques » ou « troubles mentaux », sont des affections psychologiques qui généralement engendrent une souffrance et un mal-être associés à des troubles du comportement. Tout le monde peut être touché, et ce à n’importe quel moment de sa vie : hommes, femmes, dans l’enfance ou à l’âge adulte. Ces troubles peuvent être aussi bien temporaires que s’inscrire dans le temps.

Les symptômes communs à tous les troubles psychiques sont des pensées et des émotions douloureuses, des comportements inhabituels, et des rapports difficiles avec l’entourage et l’environnement dans lequel la personne évolue. Il existe en outre une grande variété de troubles psychiques, dont les symptômes spécifiques varient. Les plus connues sont la dépression, les addictions, les phobies, les troubles alimentaires, la schizophrénie, ou encore les troubles bipolaires.

Les troubles psychiques peuvent toucher tout le monde car ils naissent d’une combinaison complexe de plusieurs facteurs, génétiques, psychologiques, physiques et environnementaux.

Peut-on les traiter ?

Il est tout à fait possible de traiter les troubles psychiques. Les méthodes envisagées dépendent de la nature du trouble constaté et de la personne qui en souffre. Les médicaments tels que les antidépresseurs ou les anxiolytiques sont plus souvent utilisés par les médecins et psychiatres car ils ont un effet immédiat, permettant de stabiliser l’état émotionnel du patient quand le médicament fait effet. Les inconvénients d’une approche médicamenteuses sont néanmoins nombreux ; ils sont susceptibles d’entraîner des effets secondaires, dont l’effet d’accoutumance, lequel réduira progressivement leur efficacité à néant. À plus forte raison, ces médicaments traitent les symptômes des troubles psychiques et non leur origine. Ils font alors office de pansement ponctuel, de façon à mettre le patient en condition de pouvoir traiter en profondeur la cause de la souffrance, à l’aide d’un psychothérapeute par exemple.

C’est pourquoi les méthodes thérapeutiques se multiplient en vue de diversifier les traitements de ce type de pathologies. Les plus efficaces sont les thérapies cognitives et comportementales (TCC) ; probantes sur le long terme, elles visent à déconstruire les schémas de pensées à l’origine du trouble concerné. Lorsqu’on suspecte un problème d’ordre psychique, il est important de consulter un médecin pour deux raisons : d’abord parce qu’il sera en mesure d’établir un diagnostic précis, ensuite parce qu’il pourra prescrire le traitement le plus adapté. L’hypnose par exemple est efficace dans le traitement des troubles anxieux, mais contre-indiquée dans le cas de troubles schizophréniques.

Quels sont les différents troubles psychiques ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a établi une classification des troubles psychiques afin d’aider les professionnels de la santé à établir leur diagnostic. Les principaux troubles psychiques sont ainsi classés comme suit :

  • Les troubles anxieux, dont la phobie sociale, les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC), ou l’hypochondrie ;
  • Les troubles de l’humeur, comme la dépression ou les troubles bipolaires ;
  • Les troubles psychotiques, comme la psychose ou la schizophrénie ;
  • Les troubles de la personnalité, comme la paranoïa ou la personnalité antisociale (psychopathique) ;
  • Les troubles du comportement alimentaire (TAC), comme l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie ou encore l’orthorexie ;
  • Les troubles addictifs, comme la dépendance pathologique à l’alcool, au tabac, aux drogues ou au jeu.

Comment réagir lorsqu’un proche est atteint d’un trouble psychique ?

Lorsqu’un proche est atteint d’un trouble psychique, il est difficile de savoir comment réagir pour appréhender la situation sans l’aggraver. Un trouble psychique redéfinit complètement le comportement d’une personne qui en est atteinte, ce qui peut s’avérer difficile à vivre au quotidien pour la famille. Les comportements changent et l’équilibre familial s’en trouve complètement bouleversé.

Lorsque l’on suspecte un problème d’ordre psychique chez un membre de sa famille, il est important de réagir au plus vite, car moins l’intensité du trouble sera élevée, plus il sera facile de le traiter. Adressez-vous à des spécialistes (psychiatres, psychologues) pour établir un diagnostic, et ne vous dites pas « ça va passer !». Il est très important de savoir interpréter les signes (changement de comportement, isolement, déconnexion du réel…).

Prenez ensuite les choses en main. Le malade sera souvent récalcitrant : sachez que depuis 2011, la loi française autorise les familles à effectuer des traitements sans le consentement du patient, en cas de nécessité majeure.

Si vous avez du mal à surmonter cette épreuve, il existe également de nombreux groupes de soutien pour les familles des personnes atteintes de troubles psychiques ; des conférences et des journées d’information sont organisées régulièrement, lesquelles vous permettront de trouver la meilleure attitude à adopter pour soutenir le malade dans son quotidien, avant, pendant et après la thérapie.

Un trouble psychique n’est pas anodin et constitue toujours une source de bouleversement pour la famille du malade. Il est cependant possible de surmonter cette épreuve et s’en sortir, en trouvant un équilibre entre soutien au malade, et force morale.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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