Achluophobie : la peur de l’obscurité

Achluophobie : la peur de l’obscurité

Durant l’enfance, nous avons pu parfois ressentir une certaine anxiété en restant seul dans le noir. On essaie toujours de chercher une lumière à cause de la peur qu’une bête se cache derrière l’armoire ou sous le lit. Toutefois, pour certaines personnes, cette peur persiste au cours du développement, et ce, jusqu’à l’âge adulte.

Pourquoi avons-nous peur du noir ?

L’obscurité déclenche chez beaucoup d’entre nous un sentiment de danger. Cette sensation nous oblige à nous retourner sans cesse dans la rue comme si quelqu’un, tapi dans l’obscurité, nous guettait à chaque pas. Dans la plupart des cas c’est notre subconscient qui déclenche chez nous cette peur irrationnelle. Notre subconscient tente de nous protéger lorsque nous sommes dans certaines situations et cela se manifeste par la perception d’une sensation de danger, bien que dans certains cas, cela apparaisse à un moment ou un endroit inadéquat. Lorsque la peur du noir perturbe le déroulement du quotidien du sujet, on peut parler d’achluophobie.

Quelle est l’origine de l’achluophobie ?

Comme indiqué précédemment, il s’agit d’une peur irrationnelle de l’obscurité. Elle peut être due à un traumatisme associé à un évènement passé. Par exemple, si une personne a été attaquée dans la rue pendant la nuit, cette situation peut mener au développement d’une achluophobie. Chaque fois que son subconscient sent que la situation est susceptible de se reproduire, il déclenche alors un sentiment d’anxiété extrême chez l’individu atteint d’achluophobie.

En outre, la nuit a toujours été associée aux ténèbres, donc à la présence d’êtres maléfiques (sorciers, fantômes, vampires, loup-garou, …). Les religions et les croyances sont également des facteurs importants pouvant influencer l’émergence de la phobie de l’obscurité. L’influence des médias à travers les documentaires (chasse aux fantômes, aux aliens), viennent également alimenter l’imaginaire collectif. Notons que le niveau de réceptivité de chaque individu aux influences extérieures est différent. Plus les croyances de l’individu sont ancrées, plus son subconscient réplique de plus en plus fort lorsque la situation de danger est estimée comme étant imminente. Le monde devient donc un danger permanent pour les personnes atteintes d’achluophobie.

L’incertitude que créée l’obscurité fait naître chez certaines personnes une sensation de perte de contrôle. Cela atteint notamment les personnes anxieuses. En effet, la nuit peut effacer tous nos repères et changer considérablement notre vision du monde, ce qui se répercute sur notre sentiment de sécurité. Par exemple, dans certains pays d’Afrique australe, c’est durant la nuit que les hordes de bandits attaquent les villages pillant tout sur leur passage et terrorisant ainsi les villageois. L’achluophobie peut naître chez certains de ces villageois et à la tombée de la nuit, la peur de l’insécurité et des bandits les tétanise à tel point que la nuit devient à chaque fois insupportable à vivre physiquement et surtout psychologiquement.

Comment se manifeste l’achluophobie ?

Quelques signes peuvent nous renseigner :

  • L’apparition de palpitations et de pensées négatives à la tombée de la nuit.
  • La peur d’être face à quelque chose qui pourrait nous nuire dans l’obscurité (bandits, tueur en série).
  • La peur de se retrouver nez à nez avec un être surnaturel (fantôme, monstre, sorcier)
  • L’apparition d’un caractère irrationnel et excessif chez un adulte lorsque la nuit tombe.
  • L’utilisation de comportements d’évitement tels que la lumière d’une lampe de chevet, la TV allumée jusqu’au petit matin…

Comment ne plus avoir peur de la nuit ?

Différentes thérapies sont recommandées pour la prise en charge de la phobie de l’obscurité. La plus conseillée est la TCC (Thérapie cognitivo-comportementale) qui aidera le patient à identifier ses pensées suscitant sa souffrance, pour ainsi les re-configurer en des pensées plus fonctionnelles. Le travail psychothérapeutique respecte la singularité du patient et se fait à son rythme. Ce travail peut notamment se faire par une exposition progressive à l’objet de la phobie. En effet, il est prouvé scientifiquement que l’exposition progressive et répétée diminue l’anxiété associée à l’objet phobique, ici l’obscurité. Ébranler une croyance ancrée chez un individu est un défi que votre thérapeute vous accompagnera à relever. De plus, votre psychanalyste pourra vous accompagner à identifier l’origine du développement de cette phobie afin qu’elle ne se re-manifeste pas dans le futur sous une autre forme.

 

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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