Aichmophobie

Aichmophobie

Chaque fois que nous utilisons un objet tranchant ou pointu, quelque chose au fond de nous, nous dit de faire attention car on pourrait se blesser. C’est un instinct de survie propre à l’être humain qui nous évite souvent de graves blessures. Pour certaines personnes, cet instinct de survie est poussé à l’extrême et le corps réagit d’une manière plus excessive à la vue des objets tranchants et pointus. La notion d’aichmophobie est évoquée pour ce genre de cas.

Qu’est-ce que l’aichmophobie ? Pourquoi la vue d’objet pointu génère autant de mal pour les personnes atteintes d’aichmophobie ? Enfin, est-il possible de traiter cette phobie ?

De quoi il s’agit ?

Le terme « aichmophobie » se décompose comme suit : « aichmē » signifie « point » et « Phobos », « peur ». D’après cette traduction, il exprime une peur des objets points, peu importe sa forme (aiguille, crayon, stylos, bord de table, …). Cette peur est également appelée « belonephobie » ou « emotophobie ». Toutefois, le terme « aichmophobie » est souvent lié à la peur des aiguilles et est utilisé uniquement pour les adultes car, pour les enfants, une telle peur est appelée « trypanophobie ».

La peur des aiguilles est directement associée à l’utilisation des aiguilles hypodermiques lors de vaccins ou d’injections sous-cutanées des médicaments. D’autres procédures médicales nécessitent également l’utilisation d’une aiguille comme la dentisterie, avec l’injection de l’anesthésie dans la gencive avant chaque extraction de dents. Il ne faut, cependant, pas confondre l’aichmophobie avec le syndrome visuel menaçant qui consiste à ressentir une douleur ou une menace à la simple vue d’objets tranchants.

Pourquoi avons-nous peur des aiguilles et des objets pointus en général ?

À ce jour, aucune cause précise n’a été décelée pour l’aichmophobie. Le premier constat des médecins est que, 80% des personnes souffrant de cette phobie, affirment qu’un parent proche a également souffert de la même maladie. Ainsi, il est possible que certains individus soient prédisposés au développement de cette peur.

Si on regarde les causes profondes, une personne ayant subi des traumatismes impliquant des objets pointus ou ayant assisté à ces évènements, peut déclencher une aichmophobie. Cela peut se dérouler lors d’une procédure médicale douloureuse (extraction de dent, vaccin, …), d’un accident (bris de verre ou de métal ayant blessé profondément la personne, …) ou encore lors d’une agression avec une arme blanche (couteau).

Quels sont les symptômes de l’aichmophobie ?

Elle est très facile à discerner. En effet, une personne atteinte d’aichmophobie est gravement effrayée en présence d’un objet pointu. La réaction la plus extrême est l’évanouissement. Il existe d’autres signes tels que l’accélération du rythme cardiaque, les tremblements, l’essoufflement et la réaction extrême d’évitement. Très souvent, elle est décrite par les personnes atteintes comme une attaque de panique. Pour les enfants, l’incompréhension de l’origine de cette peur augmente davantage leur angoisse, comme pour toute chose nouvelle et inexpliquée.

Comment vivre au quotidien avec l’aichmophobie et comment se soigner ?

Il est possible de passer toute une semaine ou un mois, sans voir une aiguille. Toutefois, on ne peut pas l’éviter indéfiniment (prise de sang, vaccin, couture, …), il faut donc trouver un moyen pour vivre avec, même si nous sommes atteints d’aichmophobie.

Parfois, mettre des autocollants avec des motifs joyeux (visage souriant, poisson, fleur, …) ou utiliser des aiguilles spéciales (ailées ou à papillons), aident beaucoup à calmer les patients et à réduire leur peur des aiguilles. C’est ce que l’on appelle des dispositifs anti-stress.

Par ailleurs, il existe 3 étapes de traitement de l’aichmophobie à travers la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Dans un premier temps, il faut demander au patient d’évaluer sa peur sur une échelle de 0 à 10 tout en lui expliquant clairement la procédure médicale à mettre en place pour le calmer. La seconde étape consiste à encourager le patient à réfléchir sur les moyens d’optimiser sa capacité à soulager sa peur. Il est ainsi autorisé à choisir l’environnement dans lequel se déroulera le traitement ainsi qu’une personne de confiance à laquelle il pourra poser toutes les questions nécessaires sur son état et le traitement qu’il suit. Il apprendra ainsi à garder le contrôle et pourra se préparer mentalement à ce qui va suivre. La dernière étape, et la plus importante, consiste à exposer graduellement le patient à l’origine de sa peur, d’abord avec des jouets ou des images puis, progressivement, une exposition aux aiguilles et aux objets tranchants. Cette dernière étape ne doit être entreprise que si le patient a bien été préparé. Dans d’autres cas, certains médicaments sont utilisés en complément pour apaiser les craintes du patient, comme les crèmes anesthésiques (lidocaïne).

Dans tous les cas, l’aichmophobie doit être soignée. Elle peut constituer un grave danger pour la personne atteinte car c’est un frein pour toute intervention médicale même si cette dernière peut lui sauver la vie. D’où l’importance de traiter l’aichmophobie le plus rapidement possible après sa détection. Le meilleur moyen est de consulter un psychiatre qui aidera le patient à faire la paix avec le traumatisme à l’origine de cette peur.

Laisser un commentaire