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Autophobie

Qu’est-ce que l’autophobie ?

C’est la peur d’être seul ou la peur de la solitude. Celle-ci nous est par moment nécessaire pour faire le point sur notre vie, pour nous distraire ou même pour dormir en paix. Pourtant, chez les personnes atteintes d’autophobie, la solitude est un vrai calvaire car elles ont besoin de la présence physique d’une autre personne pour se sentir en sécurité. En effet, même dans un endroit très sécurisé, l’autophobe sentira toujours un danger lorsqu’elle est seule, ou gardera une sensation d’incomplétude ; elle développe alors les symptômes du trouble anxieux :

  • Un désir incontrôlable de sortir de l’endroit où elle est pour aller rejoindre d’autres personnes, que ce soit dans une autre pièce ou en dehors de la maison ;
  • Une anxiété à l’idée d’être seule à un moment donné ;
  • Des symptômes physiques : tremblements, troubles respiratoires, douleurs thoraciques, étourdissements, nausées ;
  • L’évitement, par tous les moyens, pour ne pas se retrouver seule dans un endroit.

Selon le niveau d’anxiété de la personne, il faut qu’une autre personne soit dans la même pièce, de façon à la rassurer, pour qu’elle se sente en sécurité. Parfois, le fait que l’autre personne soit dans le même bâtiment suffit à calmer certains autophobes.

À quoi est due l’autophobie ?

C’est une anxiété irrationnelle qui se développe à cause de l’environnement social dans lequel a vécu une personne à un moment donné de sa vie. Par exemple, une personne qui a été laissée toute seule chez elle par ses parents durant son enfance, et s’est retrouvée face à des cambrioleurs, pourra développer l’autophobie. En effet, l’appréhension dans ce cas vient du fait que la personne a été exposée durant un temps à un danger, dans une situation où elle a été seule et sans défense. À chaque fois qu’elle se retrouve par la suite en situation de solitude, cette même sensation d’insécurité resurgira et se développera au fil du temps. Un besoin désespéré de mettre fin à la solitude peut paralyser une personne atteinte d’autophobie, jusqu’à ce qu’elle ne se sente plus seule.

Comment soigner l’autophobie ?

Dans la mesure où c’est une phobie situationnelle, elle interfère donc sur le comportement au quotidien d’une personne atteinte. Pour la soigner, il faut aller voir un spécialiste de la santé mentale et commencer différentes thérapies, en suivant bien sûr les recommandations du médecin traitant. Une évaluation psychologique sera ainsi effectuée par ce dernier, de façon à connaître les antécédents médicaux du patient. Après cela, le médecin fera une évaluation psychologique, qui consistera à poser une série de questions au patient, pour évaluer son état d’esprit et commencer à identifier les causes de la phobie.

Il existe plusieurs méthodes de traitement pour soigner l’autophobie. Les 3 principales méthodes utilisées sont les suivantes :

  • La thérapie d’exposition : elle consiste à traiter l’évitement de la situation générant le stress, c’est-à-dire la solitude, l’objectif étant d’améliorer les conditions de vie de l’autophobe. Le docteur mettra ainsi le patient face à une situation qui lui est inconfortable, mais dans un environnement sécurisé. Il lui exposera les motifs de sa peur et essaiera de les rationaliser. Puis, le patient sera exposé à la réalité c’est-à-dire à une situation où il sera seul. L’autophobe apprendra ainsi à apprécier et tolérer progressivement la solitude ;
  • La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : elle consistera également à exposer le patient à sa phobie. Le médecin utilisera des méthodes et des techniques pour apprendre au patient à se confronter à la solitude, et cela, d’une manière plus constructive. Le médecin doit trouver une solution pour transformer les idées négatives des personnes atteintes en idées positives. La TCC donne un sentiment de confiance en soi et aide le patient à se confronter à sa peur lorsqu’il y est exposé ;
  • Les médicaments : ils sont utilisés parfois pour réduire les symptômes de l’autophobie, de façon à permettre au patient de continuer sa psychothérapie. Le professionnel de santé mentale peut prescrire ces médicaments au début de la thérapie ou dans certaines circonstances au fil des séances. Les plus fréquemment utilisés sont les bêta-bloquants ; ils bloquent la stimulation générée par l’adrénaline, qui inonde le corps au moment où le patient est face à l’objet de sa peur. Les sédatifs permettent aussi au patient de se détendre.

Être seul est important. Comme le dit le proverbe, « il vaut mieux être seul que mal accompagné ». C’est pourquoi il faut se soigner si l’on ressent les symptômes de l’autophobie ; à défaut, notre vie privée et professionnelle s’en retrouve affectée.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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