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Atychiphobie

L’atychiphobie est une peur anormale de l’échec. Comme les autres phobies, elle a un impact néfaste dans la vie de la personne qui en souffre car elle diminue sa capacité à agir. En quoi consiste ce trouble et comment le soigner ?

Quelles sont les causes de l’atychiphobie.

Le terme atychiphobie vient des mots grecs « phobos », signifiant « peur », et « atyches », qui signifie « malchanceux ». La personne atteinte de cette phobie est réticente à la moindre prise de risque car elle est certaine qu’elle n’est capable de rien accomplir. Il en résulte un mode de vie restreint, et ses capacités à réfléchir et à agir sont constamment perturbées par la peur. Si cette personne participe à un concours, elle envisagera l’échec avant même de commencer, et se dévalorisera en pensant qu’elle est inférieure aux autres, convaincue que ses compétences ne lui permettent pas de réussir. La conséquence de cette perception d’elle-même sera un changement de comportement vis-à-vis de l’extérieur ; la personne devient alors plus réservée, voire isolée, et toutes les épreuves de la vie se soldent pour elle par l’échec.

Comme toutes les phobies, l’atychiphobie peut s’expliquer par plusieurs causes. La première est un facteur génétique, le second, plus fréquent, est un évènement qui a marqué l’esprit du malade de telle sorte que son subconscient le lui rappelle à chaque fois qu’une situation proche ou similaire se présente. La peur est ainsi une réaction de protection. Prenons l’exemple d’une personne qui passe un examen très important pour sa vie ou sa carrière, et non seulement le rate, mais en plus doit subir les railleries de ses collègues ou des examinateurs, ces derniers soulignant son manque de compétence ; cet évènement génèrera un puissant traumatisme qui accompagnera la personne tout au long de sa vie, déclenchant l’atychiphobie. Il y a bien sûr d’autres causes mais ces deux facteurs sont les principaux. Les enfants âgés de 6 à 16 ans sont les plus vulnérables et les plus susceptibles d’éprouver cette peur de l’échec.

Comment savoir si nous sommes atteints d’atychiphobie ?

Il existe plusieurs symptômes physiques qui peuvent apparaître dans certaines situations et révéler une phobie :

  • Une respiration rapide et une augmentation du rythme cardiaque ;
  • La nausée accompagnée par un étourdissement ;
  • Une bouffée de chaleur ou de froid ;
  • Une transpiration importante ;
  • Une douleur dans la poitrine et des frissons le long de tout le corps.

Il y a également les symptômes émotionnels qui accompagnent ces signes physiques :

  • Une anxiété intense ;
  • Une envie intense de fuir une situation qui pourrait mener à un échec ;
  • Une sensation de danger imminent ;
  • Une impuissance face à la situation génératrice de stress.

L’atychiphobie provoque un handicap pour la personne atteinte. Elle sabote tous les efforts que la personne pourra faire, et aucun grand projet dans sa vie ne pourra être mené à terme. Un  médecin peut diagnostiquer ce trouble, et proposer des traitements pour aider la personne à en guérir.

Quels sont les moyens pour soigner l’atychiphobie ?

Le médecin traitant va commencer par poser différentes questions sur les symptômes que l’on a décrits précédemment, et voir si le patient a des antécédents psychiatriques et sociaux de façon à pouvoir poser son diagnostic. Il est important de noter qu’une personne ne peut pas être diagnostiquée comme étant atteinte d’une phobie si elle n’a pas présenté les symptômes correspondants pendant plus ou moins 6 mois. Par la suite, le médecin peut adopter plusieurs types de traitement dont :

  • La thérapie : le médecin recommandera une psychothérapie avec un professionnel. Deux approches peuvent être envisagées : la première est la thérapie d’exposition, qui implique une exposition progressive et répétée aux situations que le patient craint le plus, en vue d’améliorer sa façon de penser. La seconde est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui implique elle aussi une exposition mais avec d’autres outils pour faire face à la peur de l’échec. Ces deux thérapies peuvent être associées ;
  • Les médicaments : ils ne sont pas très efficaces mais permettent de réduire l’anxiété liée à la phobie. Les symptômes de l’atychiphobie peuvent être annulés par les bêta-bloquants, ce qui permet à la personne d’affronter temporairement les situations problématiques.

Il faut soigner l’atychiphobie car elle entrave la vie des personnes affectées. Nous avons toujours des décisions à prendre et des échecs à surmonter. Il est impossible de vivre dans une société moderne si nous ne soignons pas une phobie de cet ordre.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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