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Pourquoi est-ce que les abeilles m’angoissent tant ?

De façon générale, les humains ont une tendance naturelle à éviter les risques de piqûres par les insectes, du fait de la douleur ou de la dangerosité qu’elles impliquent. En effet, la peur peut survenir chez un individu de façon spontanée, ou après une expérience vécue comme traumatisante avec un insecte (piqûre d’abeilles, de guêpes ou de frelons concernant le sujet lui-même, ou dont il a été spectateur). Cette peur est une phobie spécifique appelée apiphobie ou crainte des abeilles, qui s’applique aussi par extension aux guêpes, aux frelons et aux bourdons.

Pourquoi avons-nous peur des abeilles ?

L’apiphobie ou peur des insectes susceptibles de piquer, comme les abeilles ou de guêpes et bien d’autres encore, touche aussi bien les hommes que les femmes adultes et ce à n’importe quel âge. On remarque cependant que beaucoup d’enfants en souffrent, ce qui peut entraîner chez eux une peur générale de tout animal volant. Cette phobie peut créer un réel handicap dans la vie sociale de l’individu qui en souffre, et l’empêcher ainsi de profiter pleinement de la nature.

Les repas à l’extérieur, près d’arbres pouvant abriter des nids d’abeilles ou de guêpes, ou encore les bourdonnements d’insectes peuvent très vite être insupportables pour l’individu phobique. Il va naturellement chercher à éviter tous les lieux qu’il considère comme « risqués ».

La cause la plus fréquente de cette apiphobie est un évènement traumatisant tel qu’une attaque (vécue ou assistée) par des abeilles ou des guêpes. Pour certains, la peur d’être piqué par une guêpe est fondée car non seulement les piqûres de cet insecte sont douloureuses, mais en plus elles provoquent une réaction allergique pouvant être fatale si des soins médicaux ne sont pas pratiqués dans les plus brefs délais. Un individu connaissant ses allergies aux guêpes doit éviter à tout prix de prendre le moindre risque de se faire piquer.

Il est également possible que l’individu phobique ait malencontreusement avalé une abeille morte dans un verre d’eau, ou encore ait été victime d’une piqûre sur une partie de son corps. Par conséquent, l’apiphobe éprouve un trouble du comportement, comme une crainte accentuée et involontaire face à des insectes susceptibles de le piquer.

Comment savoir si on est apiphobe ?

Les individus qui n’osent pas sortir ou fréquenter certains endroits par peur de se faire piquer par des abeilles souffrent effectivement d’apiphobie.

Celle-ci peut se manifester de différentes manières à travers plusieurs symptômes : des sudations extrêmes, des brûlures aux yeux, des palpitations, des immobilités en présence des guêpes ou abeilles, des crises hystériques accompagnées de cris et de pleurs, ou encore des tremblements.

Que faire pour remédier à cette phobie ?

Il n’y a pas d’âge pour devenir phobique mais se soigner est tout à fait possible, à condition de rechercher les causes du comportement phobique. L’apiphobie ou phobie spécifique (peur des abeilles) est souvent sans incidence, car l’individu qui en souffre réussit à la contrôler, mais sachez qu’il n’est jamais trop tard pour demander de l’aide. Essayez également de parler de vos peurs à un proche pour connaître ses points de vue et prendre vos décisions en conséquence.

La confiance en soi est très importante dans ce type de problème, elle vous persuade que « vous y arriverez » quand l’épreuve redoutée se présentera. Prenez du temps pour apprendre à affronter l’apiphobie, essayez-vous à des exercices, à titre personnel, en vous donnant des objectifs : par exemple se balader en forêt ou dans une ruche d’apiculteur que vous connaissez, faire un pique-nique avec des amis à proximité de lieux à haute fréquentation d’abeilles, faire du camping à proximité des nids d’abeilles ou d’autres insectes peuvent vous aider à vous familiariser avec ces derniers, et ainsi vous aider à vaincre petit à petit votre phobie. Ensuite, vous pouvez évaluer vos progrès et continuer à anticiper votre réaction négative en apprenant à dire « stop » dès qu’elle apparaît. Le sentiment d’insécurité peut ainsi diminuer.

Les peurs liées aux abeilles ne sont pas à prendre à la légère. Elles peuvent générer de véritables symptômes physiques et vous empêcher de vivre votre vie normalement. Si c’est le cas, il est nécessaire de demander l’aide d’un professionnel, en vue d’obtenir un traitement psychologique adéquat.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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