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Bélénophobie ou la peur de l’aiguille

Environ 10% de la population mondiale est touchée par la peur des aiguilles, des épingles ou de tout autre outil dont le bout est pointu. La bélénophobie est un comportement qui suscite une forte angoisse en présence de ces instruments, provoquant parfois chez certaines personnes une sensation de vertige. Il arrive qu’elle ne se limite pas à la peur des aiguilles ou des seringues, et s’étende à tout autre objet du même type, comme les épingles ou les lames dont l’extrémité est très pointue.

Quelles sont les origines de cette phobie ?

Les causes de cette phobie peuvent être multiples. Il peut s’agir par exemple d’un traumatisme suite à une mauvaise expérience vécue par le passé, comme une piqûre d’aiguille dans l’enfance.

D’autres causes peuvent également en être l’origine, telles que la peur par imitation ou par influence. Il s’agit d’une peur contractée par un proche ou un parent qui la transmet ensuite à un membre de l’entourage. La peur par influence culturelle est une peur développée suite à une image véhiculée par la société sur les objets pointus, souvent associés à des maladies ou à une douleur aiguë. D’autres facteurs entrent également en ligne de compte, comme l’association de la chimie du cerveau à des évènements traumatisants, conduisant à la naissance de la bélénophobie.

Comment se manifeste la bélénophobie ?

Les personnes atteintes vivent dans une angoisse à l’idée d’être piqué par une aiguille chez le docteur ou lors d’une prise de sang. Certes, cette phobie ne nous handicape que lorsque nous sommes malades, car nous ne pourrons pas nous faire soigner si le traitement requiert une prise de sang ou une piqûre. La phobie peut donc créer une véritable gêne dans tout ce que le bélénophobe veut entreprendre, car il doit faire attention à tout objet pointu et notamment éviter de se blesser, pour ne pas avoir à recevoir une piqûre à l’hôpital. Dans les cas les plus extrêmes, les bélénophobes choisissent de ne plus sortir de chez eux ; même en l’absence d’objets pointus ou sans visite prévue chez le médecin, le bélénophobe vit dans la crainte de se retrouver face à un de ces objets dont il aurait pu oublier la présence quelque part. Les symptômes de cette maladie varient selon les cas :

  • Crise de panique
  • Palpitations
  • Hyperventilation
  • Vertige
  • Tremblements des membres
  • Sueurs froides

Comment vaincre la peur des aiguilles ?

La thérapie comportementale se déroule en plusieurs phases qui vont de la prise de conscience, à la détermination de l’origine de la phobie, pour ensuite aborder l’exposition aux facteurs qui la déclenchent. Le traitement peut être plus ou moins long en fonction de la réceptivité du patient aux différentes thérapies que son psychanalyste ou psychothérapeute préconisera.

Lorsque le patient a terminé l’analyse de sa phobie avec l’appui de son psychanalyste, les différentes thérapies peuvent alors commencer. L’une des principales est la thérapie par exposition. Elle consiste à vaincre la phobie des aiguilles en exposant progressivement d’abord le patient ; elle débute généralement par une représentation simple de l’aiguille à laquelle le bélénophobe doit résister. Au fur et à mesure qu’il progresse, il sera exposé à davantage d’aiguilles et de plus en plus près, mais avec l’accompagnement de son psychothérapeute, il aura amélioré sa capacité à affronter cette situation. L’exposition se poursuit ainsi jusqu’à ce que la peur disparaisse complètement et que la vue des aiguilles ne fasse plus peur. Cette thérapie est efficace dans 90% des cas, ce qui est relativement important. Ce résultat peut être atteint en utilisant également la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui permet de modifier les idées reçues et négatives sur les aiguilles, pour les remplacer par des idées positives. Par exemple, le médecin apprendra au patient à considérer l’aiguille d’une seringue comme un outil permettant de sauver une vie, et non un outil pour faire du mal. L’acceptation progressive de cette idée permettra au bélénophobe d’avancer vers la prochaine étape de sa guérison. La psychanalyse permet au patient de comprendre l’origine et le symbole de sa phobie ; ainsi, il pourra la désamorcer à la racine.

Toute phobie qui n’est pas correctement prise en charge peut être gênante et perturbe la vie de la personne qui en est atteinte, ainsi que celle de son entourage. Soignez-vous rapidement si vous ressentez l’un des symptômes de cette phobie, pour vivre libre et heureux.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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