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Claustrophobie

La claustrophobie renvoie à la peur d’être enfermé dans un lieu clos. C’est une phobie qui est très handicapante pour ceux qui en sont touchés, au point de les terroriser parfois des semaines avant l’échéance qu’ils redoutent, comme par exemple lorsqu’ils doivent passer une IRM. Environ 4 à 5% des personnes adultes souffriraient de claustrophobie. Faisons le point sur cette peur.

Comment reconnaître la claustrophobie ?

Quand une personne est sujette à la claustrophobie, et qu’elle est amenée à rester dans un lieu fermé, elle manifestera sa phobie par des crises d’angoisse, et parfois même des crises de panique. Tous les sujets réagissent différemment : certains, s’ils sont accompagnés, surpassent cette peur tandis que d’autres, qu’ils soient seuls ou pas, réagiront de la même façon et subiront une crise (dans le métro, l’ascenseur, le train ou dans un bureau).

Pourquoi devient-on claustrophobe ?

Comme dans les autres phobies, la claustrophobie est due à un évènement marquant dans la vie d’une personne. On peut trouver ses origines dans l’enfance, notamment lorsque l’enfant est fragile, sans défenses et qu’il subit un évènement qu’il ne peut pas supporter consciemment, comme dans le cas extrême où un enfant se retrouve enfermé dans les toilettes de l’école par ses camarades, après avoir été passé à tabac. La claustrophobie est souvent liée à la peur de la mort aussi, ou celle d’être enterré vivant. Notons qu’une phobie ne se déclenche pas nécessairement après l’évènement traumatisant, mais parfois un peu plus tard lorsque le subconscient de la personne fait ressurgir le sentiment d’angoisse, en particulier si la situation est susceptible de se présenter de nouveau.

Les facteurs génétiques et héréditaires ne doivent pas être écartés, car plusieurs études tendent à montrer que les enfants de personnes claustrophobes développent aussi cette phobie, à l’image de leurs parents. Ce phénomène est-il génétique, ou sociétal ? S’agit-il d’un mimétisme ? De même, les personnes souffrant déjà d’anxiété ou de dépression sont les plus exposées à l’apparition de cette phobie. Néanmoins, il est difficile de déterminer avec exactitude quelles en sont les causes exactes.

Comment détecter la claustrophobie ?

Le diagnostic ne peut se faire que par un spécialiste de la santé mentale. Voici certains critères qui permettent de l’identifier :

  • La peur irrationnelle et intense d’être dans un endroit clos, qui peut se déclencher à la seule évocation de cette situation ;
  • La perte de la faculté de réflexion lorsque la situation se présente ;
  • L’évitement des endroits clos par tous les moyens possibles ;
  • Un état d’anxiété extrême provoquant une crise de panique.

Quels sont les symptômes physiques de la claustrophobie ?

Outre les éléments psychologiques mentionnés précédemment, il y a également des signes physiques qui permettent de savoir si une personne est atteinte d’une quelconque phobie. Ce sont les signes de la crise de panique :

  • Palpitations et accélération du rythme cardiaque ;
  • Sensation de souffle coupé ou d’étouffement ;
  • Vertiges ou évanouissement ;
  • Nausée et vomissements ;
  • Transpiration, bouffées de chaleur ;
  • Peur de mourir, de perdre le contrôle de soi.

Comment traiter la claustrophobie ?

La thérapie cognitive et comportementale (TCC) est le traitement qui donne le meilleur résultat sur les phobies de ce type. Elle consiste à exposer la personne aux facteurs qui déclenchent la peur, mais dans un cadre rassurant, avec l’accompagnement du psychothérapeute ; puis, le niveau de difficulté progressivement augmente, en passant dans un environnement de plus en plus phobogène. Le fait de ne pas pouvoir éviter la situation permet au patient de s’habituer progressivement, jusqu’à ce que la peur disparaisse complètement, l’idée négative liée à elle étant devenue insignifiante. Il y a également d’autres thérapies qui peuvent être associées à la TCC, ou suivies séparément. La psychanalyse est une façon d’explorer avec son thérapeute l’origine de la peur, en évoquant la peur de l’enfermement, des cercueils, des souterrains, et plus généralement celle de la mort.

Est-il possible de prévenir la claustrophobie ?

Comme les autres phobies, la claustrophobie peut survenir d’un jour à l’autre ; nul ne peut anticiper le traumatisme qu’un événement pourrait lui causer, ou savoir qu’un matin il lui serait impossible de prendre un ascenseur. Les symptômes frappent sans prévenir. Toutefois, dès que la phobie se manifeste, il est nécessaire de la prendre en charge avant qu’elle ne devienne un sérieux handicap. Nous sommes amenés tous les jours à monter dans un ascenseur, ou prendre le métro, le bus etc. pour aller travailler, et la probabilité quotidiennement de se retrouver dans une situation phobogène est donc haute. L’entourage des personnes claustrophobes doit réagir vite pour que leurs proches ne subissent pas les conséquences douloureuses de cette phobie. Le réconfort fait aussi partie de la thérapie.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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