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Hématophobie

Lorsque nous saignons, ne serait-ce que pour une plaie mineure, nous nous empressons de nous soigner. Le sang communément est perçu comme un signe de vie ; le laisser s’échapper équivaut ainsi à laisser notre vie s’échapper hors de notre corps. Nous avons néanmoins conscience de la différence entre une légère blessure et une hémorragie, et savons que cet écoulement sera renouvelé en peu de temps. Il n’en va pas de même pour certaines personnes, en proie à une peur panique lorsqu’elles sont confrontées à la vue du sang. Elles souffrent d’un trouble qu’on appelle hématophobie.

Qu’est-ce que l’hématophobie ?

L’hématophobie correspond à une peur irrépressible déclenchée à la vue du sang. Elle touche de nombreuses personnes à travers le monde, mais à des degrés différents. Cette phobie du sang constitue un handicap majeur, notamment pour ceux qui ont la contrainte de se piquer pour s’administrer un traitement, ou mesurer le taux de certaines substances dans leur sang, comme les personnes diabétiques. Les personnes atteintes d’hématophobie sont incapables d’exercer certaines professions, comme celle de docteur, d’infirmier, policier, ambulancier ou pompier, car ces métiers exposent quotidiennement à la vue du sang. L’hématophobie peut également se manifester à travers la peur des aiguilles ou d’autres objets pointus, car la personne hématophobe associe ces objets à des blessures, et donc au sang.

Quels sont les symptômes de l’hématophobie ?

Contrairement aux symptômes qu’on relève dans les phobies traditionnelles, les personnes atteintes d’hématophobie observent une baisse de tension et de leur rythme cardiaque. Il en résulte des évanouissements, des malaises vagaux. La perte de connaissance permet entre guillemets de fuir la réalité, ne serait-ce qu’un moment, mais c’est aussi une réaction classique chez les personnes atteintes de phobie. D’autres symptômes peuvent aussi apparaître :

  • Palpitations
  • Transpiration excessive
  • Respiration rapide
  • Vertiges

Ces signes peuvent apparaître simultanément ou isolément, suivant le degré de la peur que la personne éprouve.

Quelle est l’origine de cette phobie ?

L’origine de l’hématophobie n’a jamais été précisément définie. Elle s’apparente à un traumatisme subi par le malade, comme un accident passé où la personne a vu s’écouler son propre sang, ou celui d’une autre personne.

Comment soigner l’hématophobie ?

Il est nécessaire de soigner l’hématophobie dans la mesure où elle pose un véritable handicap aux personnes qui en souffrent. À cette fin, les médecins spécialisés dans la santé mentale peuvent apporter un soutien et un suivi, dès lors que le patient montre une réelle envie de guérir. Le médecin pourra recourir à différentes méthodes, en prescrivant un traitement médicamenteux ou des séances d’hypnothérapie, mais l’approche la plus adaptée à ce genre de trouble reste la thérapie cognitive et comportementale (TCC). Elle consiste à exposer la personne aux situations qu’elle redoute. L’exposition se fait progressivement, dans un environnement où le patient se sent en sécurité, c’est-à-dire à l’hôpital ou chez lui, en présence du médecin/psychothérapeute. Il est important de signaler que le thérapeute doit se concentrer sur les idées négatives de la personne, de façon à lui en substituer d’autres plus positives. L’idée de perdre une partie de sa vie lorsque nous perdons du sang pourra ainsi être remplacée par une autre idée plus positive, associée elle à la vie.

Il est bien sûr possible de prescrire des médicaments pour soigner les symptômes de la phobie, mais il faut également tenir compte de leurs effets secondaires. D’autres approches, comme l’hypnothérapie par exemple, peuvent aussi être envisagées, en association à la thérapie cognitive et comportementale, de façon à accélérer le processus de guérison.

Lorsque la guérison est complète, la personne peut toujours ressentir un certain dégoût à la vue du sang, mais les symptômes de la phobie auront disparu. Il est très important de soigner l’hématophobie, car elle peut empêcher une personne de se soigner, notamment lorsqu’elle doit se rendre dans un hôpital. En cas de réticence du malade, l’entourage doit prendre les devants, et emmener leur proche consulter un médecin ou un psychothérapeute.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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