Ithyphallophobie

Ithyphallophobie

L’ithyphalllophobie aussi appelée medorthophobie vient du grec « ithus » qui signifie « droit en hauteur », de « phallos » qui signifie « pénis » et de « phobia » qui signifie la « peur ». On peut qualifier cela de « drôle de peur » car c’est la peur du pénis en érection. Qui n’esquisserait pas un sourire dès lors que l’on parle d’une peur du phallus en érection. Et pourtant il y a beaucoup de personnes qui ont cette phobie dans la peau et cela pourrit une grande partie de leur existence notamment si l’on est un homme. En effet, l’homme a régulièrement des érections involontaires, notamment le matin, alors ce genre de phobie peut vraiment être un enfer pour lui. Par contre chez la femme, c’est sa vie sexuelle qui en pâtira car une femme hétérosexuelle ne pourra jamais faire « la chose » avec son amoureux si une telle phobie l’habite. A cela s’ajoute la question de la reproductivité de la femme car cette peur du phallus en érection ne lui permettra pas de concevoir un enfant, sauf peut-être par insémination artificielle mais dans ce cas il est bien sûr question de payer un certain coût. Les femmes concernées par cette phobie ne pourront jamais se marier car il est impossible pour un couple bien portant de ne pas avoir de rapport sexuel, l’intimité et l’épanouissement sexuel du couple constituant des piliers de la solidité d’un mariage.

Le pénis en érection est le symbole même du sexe et est également le symbole de la fertilité et de la virilité de l’homme. Mais pourquoi est-ce que certaines personnes en ont peur et est-ce qu’il est possible de guérir de cette phobie ?

Une des principales raisons qui auraient pu amener une personne (homme ou femme) à avoir peur d’un pénis en érection est un traumatisme subi durant l’enfance ou à une autre période de la vie. La personne a pu subir un harcèlement sexuel voire même un viol par un homme. La violence de l’évènement a pu causer un traumatisme profond qui a fini par agir sur le subconscient de la victime et qui plus tard a créé une phobie chez elle. Il se peut également que cela relève d’une peur de quelque chose d’inconnu et que l’image d’un pénis soit perçue comme quelque chose qui peut potentiellement blesser (la personne pouvant avoir peur que la taille trop importante du pénis ne passe pas lors de la pénétration). Ainsi, les personnes, la plupart des cas les femmes, chercheront par tous les moyens à éviter autant que possible la vue d’un pénis en érection.

Les symptômes de cette phobie ressemblent à ceux des autres troubles du même genre. D’abord, la personne évitera toute situation où elle pourra voir un pénis en érection comme les émissions ou films dans lesquels il pourrait y avoir une scène de sexe et elle finira même par éviter toutes relations avec les hommes pour ne plus y penser. Les autres symptômes apparaissent quand la personne ne peut plus éviter la situation phobogène comme :

  • Sueur froide
  • Augmentation du rythme cardiaque
  • Tremblement et perte de contrôle
  • Evanouissement dans les pires des cas.

Il y a encore d’autres symptômes qui peuvent apparaitre mais ce sont les principaux. Il faudra bien sûr que l’entourage de la personne ou elle-même remarque la répétition de ces symptômes lorsque la situation se répète et qu’ils l’emmène chez un spécialiste dès qu’ils voient que la santé de la personne commence à décliner à cause de la phobie. Plus la phobie sera détectée tôt et moins les impacts sur la vie de la personne seront importants.

Une fois que le médecin aura fait son diagnostic, il commencera à choisir la thérapie la mieux adaptée à la personne malade. La meilleure thérapie connue à ce jour pour son efficacité est la thérapie cognitive et comportementale (TCC) qui consiste à analyser dans un premier temps la phobie et ensuite à exposer la personne aux situations phobogènes. Le médecin amènera la personne à marginaliser l’idée d’un pénis en érection et à lui faire comprendre qu’il n’y a aucun danger et que la peur est injustifiée. Bien sûr, l’immersion se fera petit à petit et de manière répétée afin que la personne puisse s’adapter progressivement et que sa peur du sexe de l’autre soit réduite. Lorsque la personne aura changé sa façon de penser, elle pourra de nouveau s’épanouir.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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