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Nosocoméphobie

Les hôpitaux et les centres de santé sont toujours des lieux que l’on évite au possible, car ils nous renvoient à la maladie, vis-à-vis de nos proches et de nous-mêmes. Mais si les hôpitaux sont des lieux de traitement contre les pathologies, ils sont également des lieux de vie, par les soins qui y sont prodigués, ou les naissances qu’ils accueillent par exemple. Certaines personnes néanmoins ne conçoivent pas les choses ainsi, et la seule idée de devoir se rendre dans un hôpital déclenche chez elles une peur panique. Elles souffrent de nosocoméphobie. Faisons le point sur la peur des hôpitaux.

Qu’est-ce qui est à l’origine de la nosocoméphobie ?

La nosocoméphobie est un trouble psychiatrique, à l’image des autres phobies. Plusieurs facteurs peuvent la déclencher, comme l’hérédité ; si un parent souffre de ce genre de phobie en effet, on aura tendance à dire que ses descendants, ou au moins l’un d’eux, héritera de cette peur. Les traumatismes sont également l’une des principales sources des phobies : une procédure médicale douloureuse subie par la personne (extraction de dent, vaccin …) ou un accident impliquant une hospitalisation, etc.

La nosocoméphobie se rapproche également de la nosophobie, ou la peur des germes et des microbes, mais aussi de celles des piqûres d’aiguille, qu’on appelle « aichmophobie ».

Quels sont les symptômes de la nosocoméphobie ?

Elle est très facile à reconnaître chez une personne qui en est atteinte. En effet, celle-ci se montrera gravement effrayée à l’idée de se rendre en consultation dans un centre de soins ou dans un hôpital. La réaction extrême sera l’évanouissement. D’autres signes apparaîtront au moment de la crise : accélération du rythme cardiaque, tremblements, essoufflement ou encore réaction extrême d’évitement. Très souvent, la manifestation de la phobie est décrite par les personnes affectées comme une attaque de panique. Pour les enfants, l’incompréhension de l’origine de cette peur amplifie leur angoisse, à l’image de toutes les choses nouvelles dont ils font l’expérience, sans pouvoir se les expliquer.

 Comment soigner la nosocoméphobie ?

La première étape consiste à emmener la personne affectée consulter un spécialiste des soins psychiatriques, formé à traiter les phobies. Au regard de la spécificité qui caractérise cette phobie, il sera compliqué de la conduire dans un centre de soins ou dans un hôpital pour cette consultation. Il sera donc nécessaire de demander au médecin de se déplacer chez le patient ou dans un endroit neutre, de façon à ce que ce dernier soit rassuré.

Lorsqu’un premier contact entre le médecin et son patient est établi, le médecin lui demande d’évaluer sa peur sur une échelle de 0 à 10, tout en lui expliquant d’une façon claire la procédure médicale à mettre en place pour calmer ses angoisses. Le thérapeute alors déterminera également l’approche thérapeutique la plus adaptée à son cas.

La thérapie cognitive et comportementale s’avère être aujourd’hui la plus efficace pour lutter contre les phobies. L’étape suivante consistera donc à inviter le patient à réfléchir sur les moyens qu’il pense pouvoir mettre en œuvre pour augmenter sa capacité à maîtriser sa peur. Il pourra ainsi choisir l’environnement dans lequel les séances se dérouleront, ainsi qu’une personne de confiance qui répondra à toutes ses questions quant à son état, et au traitement qu’il suit. Il apprendra ainsi à garder le contrôle et pourra se préparer mentalement aux étapes suivantes. La dernière sera la plus importante ; il s’agit d’exposer graduellement le patient à l’origine de sa peur, dans une pièce à demi-obscurcie tout d’abord, puis dans l’obscurité totale. Cette dernière étape intervient uniquement si le patient y a été bien préparé. Dans certains cas, le thérapeute suggère un traitement médicamenteux en complément pour apaiser l’anxiété du patient, comme les crèmes anesthésiques par exemple, type lidocaïne.

Au terme de la thérapie, le patient sera capable d’entrer dans un hôpital sans plus de problème. Il aura modifié ses perceptions, et n’aura plus d’appréhensions vis-à-vis de ces lieux, de sorte que se soigner ou voir ses proches dans ces endroits ne sera pour lui plus insurmontable.

La nosocoméphobie se révèle être un véritable handicap pour une personne qui nécessite des soins médicaux, et peut poser un risque pour sa vie si celle-ci a besoin d’être traitée en urgence. Il faut donc que le patient arrive à se familiariser avec l’idée que les hôpitaux sont des lieux de vie, et accepte le bienfait qu’il peut en retirer s’il doit s’y rendre. Il s’agit de la démarche commune au traitement de toutes les phobies.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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