Tout savoir sur l’échopraxie

Tout savoir sur l’échopraxie

Le terme échopraxie vient de la combinaison de deux mots : « echo » signifiant répétition et de « praxie » qui veut dire « action ». Il s’agit donc d’un trouble du comportement qui consiste à imiter de façon involontaire et automatique les mouvements d’une autre personne. C’est un acte répétitif réalisé de manière compulsive. Cette anomalie est assez semblable à l’écholalie, qui désigne l’action de reproduire les phrases ou les mots d’un autre individu.

Les causes de l’échopraxie

Les bébés imitent les gestes des autres dès leur naissance. C’est un stade essentiel dans le cadre de leur développement psychomoteur. Mais ce comportement diminue au fil des années, notamment après trois ans. Si la répétition des gestes d’autrui persiste au-delà de cet âge, cela peut indiquer un trouble neuropsychiatrique sous-jacent ou encore une échopraxie (qui entraîne aussi un léger retard mental ainsi qu’une dépression majeure).

Selon les théories, ce comportement répétitif des gestes d’autrui peut découler d’un défaut d’inhibition du cortex préfrontal à savoir des commandes motrices automatiques relatives aux neurones miroirs. Et cela se confirme du fait que les comportements échopraxiques dépendent de la concentration et de l’état de vigilance.

Par ailleurs,  ce trouble gestuel est un symptôme caractéristique d’autres pathologie comme l’autisme, la schizophrénie, les traumatismes crâniens, tumeurs cérébrales ou encore dans la maladie de Gilles de la Tourette. 

Le bâillement illustre également le phénomène d’échopraxie. En effet, il n’est pas rare de constater qu’une personne bâille rapidement après avoir observé une autre personne en train de bâiller.

Echopraxie : apprentissages et traitements

L’échopraxie permet de mieux comprendre les phénomènes d’imitation. En principe, le fait d’imiter les actions d’autrui joue un rôle clé dans la communication et l’interaction sociale. Il faut toutefois faire la distinction entre l’apprentissage par imitation et l’imitation automatique. Dans le premier cas, les enfants reproduisent les mouvements de leurs parents en vue d’assimiler de nouveaux gestes. Pour ce qui est de l’imitation automatique, c’est un acte totalement involontaire qui est assez commun chez tous les êtres humains.

Parmi les différents types d’echopraxie, on trouve :

  • l’écomimia qui consiste à reproduire les expressions faciales d’une autre personne,
  • l’échographie qui se traduit par une reproduction par écrit,
  • enfin, il existe ce que l’on nomme l’échopraxie stressante qui crée chez un sujet le réflexe d’imiter les gestes qu’il aperçoit à la télévision.  

L’échopraxie constitue plutôt un symptôme de certaines pathologies qu’une maladie isolée. En terme de traitement, la meilleure solution est de déterminer la cause physiologique de ce trouble et de le traiter. Les thérapies cognitivo-comportementales offrent également de bons résultats pour réduire les effets de cette maladie.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

Laisser un commentaire