Phobie de la separation

Phobie de la separation

L’angoisse de séparation, mieux la comprendre pour mieux s’en prévenir

Cette peur infantine de l’abandon peut perdurer chez les adultes. Elle « prend sa source dans l’incapacité biologique du nouveau-né à assumer les débuts de sa propre survie » (psychologue Mi-Kyung Yi). Si les premières séparations n’ont pas été bien préparées et bien expliquées, elles pourront avoir des conséquences néfastes sur le lien de confiance jusqu’à le détériorer voire même le briser. Chez l’enfant comme chez l’adulte, cette phobie de séparation peut avoir lieu. Quelle solution pour l’éviter ? Voici des éléments de réponses qui peuvent aider à la surmonter.

L’angoisse de séparation vient de la détresse psychique

Il s’agit d’une peur panique de l’abandon chez l’enfant et d’une crainte de la solitude. L’angoisse de séparation se présente comme une frayeur d’être négligé, oublié et/ou laissé inconsciemment à l’abandon. Elle se traduit également par un vide affectif que l’enfant n’arrive pas à réguler compte tenu de son jeune âge et des sensations qu’il ressent. Quant à son comportement, il présente une profonde souffrance qui peut être à la source de certains troubles. L’enfant n’accorde sa confiance à personne , livré à lui-même, cela l’amène à créer divers scénarios faisant suite à la perte de repères, à la sensation d’isolement et de solitude. Par conséquent, les enfants de 8-9 ans vont présenter des signes physiques d’anxiété, de trouble du sommeil, éventuellement d’autres complications et cela nécessitera la surveillance et la présence permanente de ses parents. En revanche, chez l’adulte, cette phobie s’exprime par un état de stupeur, de la solitude ou bien par un rapprochement affectif avec n’importe quel partenaire. La conséquence peut être désastreuse notamment si la personne rencontre un pervers narcissique.  Avoir traiter le sujet de l’abandon durant l’enfance peut aider à mieux la gérer une fois adulte, sans quoi cette peur peut devenir terriblement difficile à gérer à l’âge adulte. La personne phobique peut être amenée à développer une inquiétude chronique à l’égard de ses enfants et limiter l’autonomie de ces derniers jusqu’à empêcher leur bon développement social.

 Un phénomène à ne pas sous-estimer

La naissance est la première séparation vécu par l’Homme après 9 mois d’union étroite entre la mère et bébé. Il est donc nécessaires que les futures séparations entre eux se passent bien. Pour se sentir heureux, un enfant a d’un côté besoin d’une sensation de liaison avec sa mère, et d’un autre côté d’une sensation d’autonomie. Comme l’enfant commence à avoir ce besoin d’autonomie, lié à sa maturité psychologique, dès son 18ème mois.  Il comprend que l’absence de ses parents et de ses proches ne signifie pas une séparation définitive ni un abandon. L’angoisse de séparation est censée disparaître naturellement par la suite. Pourtant, l’entrée en maternelle par exemple doit être bien expliquée avec des mots bienveillants. Quant aux adultes, certains peuvent ressentir de l’abandon, par exemple, lorsque  leur environnement change (rentrer plus tard que prévue après le travail) ou suites à diverses craintes. Cela peut notamment les rendre sujet à développer une dépression ou des addictions. Une thérapie peut être une des solutions pour obtenir apaisement et bien être. De manière générale, la thérapie doit être réalisée le plus tôt possible car plus elle est démarrée tôt et moins les risques d’angoisse, de peurs ou de dépression auront tendance à s’inviter.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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