La déréalisation, la dépersonnalisation, comment en guérir ?

La déréalisation, la dépersonnalisation, comment en guérir ?

Si la déréalisation peut être définie comme étant une altération de la perception du monde extérieur, la dépersonnalisation elle est une altération de la perception de soi. Plus concrètement, une personne touchée par l’une et/ou l’autre a l’impression d’être étrangère à son corps ou à son environnement. Certaines personnes décrivent ces expériences comme si elles regardaient le monde qui les entoure derrière un casque VR (réalité virtuelle) ou encore comme un jeu vidéo à la troisième personne.

La déréalisation et la dépersonnalisation sont étroitement liées à de l’anxiété subaigue. La majorité des scientifiques s’accordent à dire que ces phénomènes relèvent des troubles dissociatifs. Ainsi, la déréalisation et la dépersonnalisation sont considérées comme des symptômes de maladies telles que la schizophrénie, l’épilepsie, la bipolarité ou encore du syndrome de Kleine-Levin. Cela étant, ce n’est pas toujours le cas. Lorsqu’elles sont chroniques, la déréalisation et la dépersonnalisation sont considérées comme des conséquences du trouble anxieux généralisé

Bien que distinctes, la déréalisation (environnement) et la dépersonnalisation (soi) sont presque toujours indissociés quand les patients en parlent.

 

Manifestations

La déréalisation comme la dépersonnalisation se manifeste à travers un sentiment de déconnexion ou de détachement. Comme si un voile ou un mur de verre séparait la personne de son corps et/ou de son environnement. Toutefois, la personne touchée par ces troubles restent parfaitement consciente que ces perceptions ne sont pas réelles pour autant elles peuvent déclencher des attaques de panique chez certains sujets.

Dans les faits, les troubles passagers touchent une personne sur deux. Autrement dit, 50% de la population a déjà vécu ou aura à expérimenter le phénomène de déréalisation ou de dépersonnalisation. Par ailleurs, il a été constaté que personnes âgées et les plus jeunes ne sont pas touchés par la déréalisation et/ou la dépersonnalisation de la même façon. Ces troubles dissociatifs s’attaquent plus à la population active et aux adolescents. Les symptômes apparaissent généralement vers le début de l’âge adulte, c’est-à-dire vers l’âge de 16 ans. Puis, ils disparaissent vers l’âge de 60 ans.

Les cas de troubles avérés (chroniques) ne concernent que 2% de la population mondiale. Néanmoins, il faudra envisager de se rapprocher d’un médecin dans le cas où :

  • Les troubles ne disparaissent pas
  • Les troubles continuent à revenir
  • Les troubles perturbent votre quotidien personnel/professionnel

Par ailleurs, la déréalisation ainsi que la dépersonnalisation ont fait l’objet d’une certaine médiatisation à travers le roman de Daphne M.D. Simeon et de Jeffrey Abugel intitulé Feeling Unreal. A cela s’ajoute le film intitulé Numb de Harris Goldberg, sorti en 2007 et dont l’acteur principal est Matthew Perry.

 

Les causes    

Les premières causes de la dépersonnalisation / déréalisation sont d’origines mentales. En second viennent les causes neurologiques telles que les troubles vestibulaires. Bien sûr, avant de se précipiter sur ces causes extrêmes, il convient de discerner d’autres facteurs pouvant provoquer la dépersonnalisation / déréalisation.

Généralement, l’altération de la perception fait suite à des traumatismes intenses. Par exemple, le fait d’être victime ou témoin d’un accident, d’un abus ou encore d’une violence. Le stress provoqué par ces situations extrêmes anxiogènes peut engendrer ce sentiment de déréalisation / dépersonnalisation au même titre qu’un état de choc. A côté, il n’est pas rare qu’un hypochondriaque (personne souffrant d’hypochondrie) expérimente ces phénomènes. Sa peur excessive peut l’amener à éprouver des sensations d’étrangeté dans son corps ou son environnement. Ici, il s’agit donc d’un malaise passager.

Par ailleurs, la déréalisation et la dépersonnalisation peuvent simplement être la conséquence de prises de substances relevant des stupéfiants (cannabis, nicotine et caféine à haute dose). Lorsqu’elles sont prises à l’excès, ces drogues peuvent parfaitement simuler la dépersonnalisation et la déréalisation.

Dans tous les cas, des études ont amené les scientifiques à établir un rapport entre la génétique et ces troubles dissociatifs. Il apparaît que face à des situations extrêmes, certaines personnes peuvent ne pas expérimenter la dépersonnalisation / déréalisation. La raison est que certaines personnes sont plus vulnérables et sont donc plus susceptibles à développer des troubles dissociatifs. Notons par exemple les personnes sujettes à la dépression, aux crises de panique et plus largement les gens présentant certains traits de personnalité (nier les problèmes, éviter les situations difficiles…)

 

Symptômes et complications

Qu’elles soient vécues de manière ponctuelle ou de manière récurrente, la dépersonnalisation / déréalisation peut nuire fortement au quotidien. Certaines personnes ont l’impression de devenir folles tandis que d’autres par peur des moqueries vont tout garder pour eux. Ce qui accentue encore plus leurs angoisses. Dans tous les cas, les symptômes (combinés) de la dépersonnalisation et déréalisations se présentent comme suit :

  • Sentiment d’être un robot ou de flotter à côté de son corps
  • Engourdissement physique et/ou émotionnel
  • Perte de contrôle partielle sur les paroles et les mouvements
  • Vision déformée d’une partie du corps
  • Décalage de la perception du temps (déjà vu ou jamais vu)
  • Décalage de la perception spatiale (tailles, formes, etc.)

Les complications dues à la dépersonnalisation et à la déréalisation sont nombreuses. Il arrive que certaines personnes ne se reconnaissent plus dans le miroir. Dans d’autres cas, elles reconnaissent ni leur chambre ni leurs proches. Les complications rencontrées sont en l’occurrence :

  • Problèmes relationnels
  • Difficulté de concentration (ou à se rappeler d’une chose)
  • Dépression et désespoir

A noter que les symptômes peuvent durer des heures, voire des semaines selon la personne. Une fois que ces sensations deviennent permanentes, la personne va s’isoler et se détacher progressivement de la réalité.

 

Soins et traitements

En général, la déréalisation et la dépersonnalisation disparaissent spontanément. Toutefois, même dans des cas assez sévères, elles peuvent être soignées. La « récupération » a d’autant plus de chances de réussir lorsque ces troubles relèvent du stress.

Le traitement le plus connu est l’usage  est la psychothérapie ou la thérapie cognitivo-comportementales qui est l’une des solutions les plus plébiscitées pour guérir la dépersonnalisation et la déréalisation (chronique). Elle comporte plusieurs techniques qui seront choisies par le professionnel ou le psychanalyste en fonction de l’état de la personne et la gravité de ses troubles. Ce dernier de choisir entre :

  • La discussion (techniques psychodynamiques) dont le but est d’extérioriser, d’identifier et de comprendre les sources des troubles afin de mieux les appréhender ;
  • Les expériences avec les 5 sens (techniques de l’ici-maintenant) dont le but est de mieux se connecter au monde et à soi-même. Par exemple, en écoutant de la musique ou en faisant du yoga ;
  • Le détournement (techniques comportementales) dont le but est de réaliser des activités pour se détourner des troubles. Par exemple, en s’attachant à la réalisation d’une passion ;
  • Les blocages (techniques cognitives) dont le but est de bloquer / désensibiliser pensées négatives, les pensées obsessionnelles et les sensations de détachement.

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