Survivre et devoir vivre avec le syndrome de Lazare

Survivre et devoir vivre avec le syndrome de Lazare

Survivre et devoir vivre avec le syndrome de Lazare

De nos jours, nombre de malades peuvent se vanter d’avoir évité l’ange de la mort, et ce, grâce notamment à l’évolution de la médecine moderne. Mais après avoir survécu, il reste encore le syndrome de Lazare à affronter.

Le changement de vie

Le syndrome de Lazare se caractérise par le fait de changer complètement de vie après avoir connu l’expérience de la mort. Les scientifiques ont choisi ce terme en analogie à l’anecdote de Lazare dans la bible chrétienne. En effet, cet ami de Jésus a été ressuscité quelques jours après sa mort par ce dernier, puis, autour de lui, tout a changé.

Loin d’être un miracle, le syndrome de Lazare est un traumatisme psychique. Il touche non seulement les survivants à une maladie comme le cancer ou une opération risquée, mais aussi les otages, les rescapés d’un accident et tous ceux qui ont vécu une expérience de mort imminente.

La survie est le déclencheur qui entraînera par la suite toutes les modifications du comportement. Les millionnaires se mettent à dépenser plus. Les travailleurs se mettent à profiter de la vie. Les personnes craintives deviennent des férus de sensations fortes. Aussi bien les relations sociales les amis, que la personnalité de la personne changent complètement.

Un contrecoup pas réellement évident

Depuis la multiplication des attentats, le nombre de personnes victimes du syndrome de Lazare a augmenté en France. Ce genre de pathologie ne choisit pas sa victime. Ne pensez pas que cela est moindre que le stress post-traumatique. Ce contrecoup est extrêmement éprouvant à vivre pour ceux qui en sont victimes.

Beaucoup de patients se sentent par exemple incompris. Leur entourage doute d’eux, de leur bien-être, de leur sincérité. Ce qui pourra provoquer à la longue un isolement.

En outre, dans certains cas, le syndrome de Lazare peut entraîner la culpabilité et l’interrogation comme : pourquoi a-t-on survécu et pas les autres ? Cette honte provoquera à son tour une dépression chronique.

Puis, il y a le risque de devenir accro à l’adrénaline. La sensation forte permet de se sentir plus vivant. Mais la recherche de l’adrénaline présente aussi un risque évident pour la sécurité du patient. Certains experts vont jusqu’à se dire que les patients déclenché une tendance suicidaire cachée.

Se faire suivre pour soigner sa maladie

Comme le syndrome de Lazare est une maladie psychologique, la meilleure solution pour en venir à bout reste de se faire suivre par un psychanalyste. Ce dernier proposera une thérapie qui permettra d’évacuer le stress post-traumatique, ainsi que la peur de mourir qui se cache derrière le syndrome de Lazare.

Mettre en place une plateforme de discussion et réaliser une série d’exercices antistress peuvent aider à mieux vivre le syndrome de Lazare, voire à le traiter définitivement. 

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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