Manque de confiance en soi ou syndrome de l’imposteur ?

Manque de confiance en soi ou syndrome de l’imposteur ?

Manque de confiance en soi ou syndrome de l’imposteur ?

Tandis que certains se battent et mettent tout en œuvre pour arriver au sommet, certains semblent être effacés au travail. Ils ne se sentent jamais reconnus pour leur mérite. Ils laissent volontiers la place sur le devant de la scène à leurs collègues. Alors, modestie ou syndrome de l’imposteur ?

Syndrome de l’imposteur : qu’est-ce que c’est ?

On peut confondre le sentiment de modestie et le syndrome de l’imposteur. Le second est une pathologie, un trouble psychique qui vous pousse systématiquement à vous effacer.

Egalement appelé vulgairement « syndrome de l’autodidacte », c’est une maladie qui consiste à nier toujours toute implication et les mérites d’un travail que vous avez pourtant bel et bien effectué. Toutes les excuses sont bonnes pour nier la propriété de la réussite : le sujet y voit de la chance au lieu d’un travail acharné, il y voit les mérites de l’entourage plutôt que d’affirmer ses propres recherches et son implication ; ce qui, à la longue, peut provoquer un certain agacement chez l’entourage du patient. Pourtant, généralement, ce genre de personne attend que l’on découvre leur implication et que l’on reconnaisse leur savoir-faire.

Les surdoués, les plus touchés

Malgré leur grande capacité, les surdoués sont généralement les plus touchés par le syndrome de l’imposteur. En effet, en outre d’être plus fragile psychologiquement, les personnes avec de fortes capacités sont toujours en quête de perfection. Ils doutent donc davantage de leur réelle importance et compétence dans leur domaine. Comme s’ils n’avaient pas fourni énormément d’efforts dans le projet, ils pensent ne pas mériter d’être récompensés.

Considéré par les médecins comme un complexe d’infériorité plutôt que d’un trouble psychologique, il est à l’origine de beaucoup de cas de dépression. Certains pensent que leur réputation n’est pas le reflet de la réalité, qu’ils sont des imposteurs : d’où le nom du syndrome.

Un sentiment de culpabilité

La victime du syndrome de l’imposteur se sent coupable la plupart du temps de ne pas être à la hauteur ou de ne pas être celle qu’elle prétend être. Le sujet craint de se sentir jugé. Il adopte donc une posture tantôt plus agressive tantôt plus passive dans son entourage pour éviter qu’une telle chose ne se produise :

  • Posture agressive lorsqu’ils s’investissent trop dans un projet
  • Posture passive quand ils font tout pour s’effacer, et ce, peu importe la situation.

Selon les sondages, au moins 70 % des Français auraient déjà ressentis cela. Le syndrome de l’imposteur touche aussi bien les adultes que les enfants. Toutefois, les symptômes disparaissent au fil du temps. Il faudra l’avis d’un spécialiste pour véritablement confirmer le diagnostic.

Pour ceux qui ont du mal notamment à vivre avec une telle pression, il est toujours possible de se faire suivre afin de mieux gérer les craintes et les attentes. Les séances de thérapie sont ouvertes à tout le monde et sont une manière efficace de traiter les symptômes du syndrome de l’imposteur. Aucune cure de médicament n’est vraiment efficace contre ce genre de troubles psychologiques.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

Laisser un commentaire