La Pulsion : un Processus Dynamique d’une Dualité Constante

La Pulsion : un Processus Dynamique d’une Dualité Constante

Le concept de la pulsion a été développé progressivement par Sigmund Freud. Tout au long de sa carrière, il n’a cessé de perfectionner cette théorie. Les stades de ce perfectionnement sont particulièrement perceptibles à travers ce qui pourrait être qualifié d’œuvre sortie en 1905, 1914, 1915, et 1920. C’est une théorie bâtie sur un processus de dualisme permanent que le présent article essayera d’expliquer et de déceler rouages.

Qu’est-ce que la pulsion ?

La pulsion est un concept transitoire entre le psychique et le biologique. C’est la manifestation psychique des réactions du corps. En somme, le corps pousse le psychisme à réagir en conséquence des excitations physiques.

Ces excitations physiques proviennent des besoins basiques de l’organisme tels que la faim, la soif, le désir sexuel, etc. ce sont ces besoins qui définissent l’objet de désir garantissant la diminution de la tension. Ils font apparaître des pulsions qui génèrent l’activité psychique et la dynamisent pour acquérir son objectif.

La pulsion est définie par quatre composants. Ce sont : la poussée, le but, l’objet, et la source. La source est le composant de fondamentale de la pulsion. Car c’est ce qui la motive. Le but est formé par la visée d’une satisfaction.

Cette satisfaction apaise l’excitation qui est la source même de la pulsion. L’objet est utilisé par la pulsion pour atteindre le but. Il lui est dissociable à l’origine. Et la source c’est l’activité biologique provenant des excitations traduites en représentation psychique.

La pulsion est donc indissociable de la représentation. Plus précisément, la représentation est ce que l’on s’imagine, ce que l’on pense. C’est la résurgence d’un souvenir. Rattachée à cette représentation, il y a le ressenti. En effet, cette représentation peut générer un sentiment agréable ou désagréable. Il s’agit de l’affect.

Le  dualisme entre la pulsion du Moi et les pulsions sexuelles

Les pulsions du moi, ou pulsion d’autoconservation correspondent aux besoins basiques de survie comme la faim, la soif. Les pulsions sexuelles s’en distinguent. En effet, les unes sont des pulsions pour la sauvegarde de l’individu tandis que les autres sont celles du groupe, de l’espèce. Ces dernières sont exclusives et exigeantes. Elles perturbent l’individu et le compromettent. Mais il y a la notion d’étayage. En d’autres termes, les deux pulsions s’étayent : elles partagent la même source et le même objet.

Le concept du narcissisme

De prime abord, le narcissisme semble être en contradiction avec le dualisme des pulsions. En effet dans ce cas, le Moi se prend lui-même comme objet au lieu de prendre un objet extérieur. Ce dernier devient lui-même objet. C’est-à-dire qu’il se prend lui-même comme moyen d’atteindre le but. Les pulsions d’autoconservations deviennent donc des pulsions auto narcissique. Ainsi au lieu d’une dichotomie entre la pulsion sexuelle et celle du Moi, on parle d’une dualité entre libido d’objet et libido du Moi.

La dualité entre pulsion de vie et pulsion de mort

La pulsion de mort viendrait d’une tendance à la répétition. Celle-ci est irrésistible et dépasse de loin le concept du plaisir. Il s’agit d’une impulsion de l’organisme à retrouver son état originel. Cet état originel n’est pas organique, il est minéral. C’est ce qui fait que toute vie tend toujours vers la mort.

Cette dernière pulsion est donc à l’origine de notre psychisme. Contrairement à cela, il y a la pulsion de vie, ou pulsion érotique. Celle-ci favorise le développement de la vie. Elle la rend plus complexe et fait en sorte de la conserver ainsi. Ces deux pulsions se retrouvent dans le psychisme d’un même individu et façonnent son caractère.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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