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La résistance, l’analyse freudienne qui suppose l’obstacle à la guérison psychique

Beaucoup d’analystes se basent sur l’avis de Freud dans sa conceptualisation de la résistance dont notamment Jacques Lacan et Mélanie Klein, tout en apportant leurs recherches personnelles. La résistance a été démontrée par Freud en 1895 dans son ouvrage « Les études de l’hystérie ». Ce terme en psychanalyse se définit comme étant le caractère de tout ce qui entrave l’analysé, l’accès à sa détermination inconsciente. Cela se manifeste notamment lors de la cure psychique. Au cours des ses recherches, Freud a remarqué que la résistance variait suivant les cas, ce qui a amené à parler de plusieurs résistances. Ce concept a été analysé dans l’acception de la deuxième topique.

La résistance et le transfert en psychanalyse

Il est impossible de parler de résistance sans définir la cure psychanalytique. C’est un processus thérapeutique qui s’établit par séance et qui impose les fameuses règles d’espace : le divan du patient et le fauteuil du psychothérapeute. La cure se base sur un déterminisme psychique inconscient et pulsionnel visant alors à guérir les troubles psychiques. C’est dans ce processus de guérison que se manifeste la résistance.

La résistance est alors perçue comme un obstacle, une entrave, une barrière aux vérités indésirables, clé de la cure névrotique. En effet, cela provoque une persécution psychologique à laquelle les patients préfèrent ne pas faire face. En effet, Freud a même renoncé, lors de ses traitements, à utiliser l’hypnose comme traitement pour cause de résistance de ses patients. Cela a été notamment le cas de Lucy R.

Le transfert est constitutif de vecteur de puissance à la résistance selon Freud. Cela induit l’analyste à déduire deux types de transferts, les transferts positifs et les transferts négatifs. Ce transfert ne se mue en résistance qu’en cas de transfert avéré, que ce soit positif ou négatif, mais qui reflète des caractères érotiques refoulés. Cette résistance est causée par la reproduction du patient des attitudes et des sentiments de sa vie.

La résistance dans le cadre de la deuxième topique

Il est important de mentionner que Freud cartographie l’appareil psychique en diverses topiques et instances. Cela permet une analyse plus poussée et plus précise. Ces instances sont alors le ça, le moi et le surmoi. Freud a alors analysé plusieurs manifestations de la résistance en fonction de l’instance touchée.

D’une manière générale, cinq résistances ont pu être catégorisées comme ayant leurs sièges dans les trois instances psychiques mentionnées antérieurement. Il y a alors les résistances liées au moi, celles se trouvant dans le ça, et enfin les dernières en lien avec le surmoi. Chacune d’elles se manifeste différemment.

Les résistances du moi s’expriment généralement par le refoulement, la résistance au transfert. Toutefois, la notion de résistance freudienne en imbrication avec le refoulement a fait l’objet de critiques.

Les résistances du surmoi se caractérisent par la culpabilité ou encore le sentiment de se faire punir. La résistance du ça se manifeste par la perlaboration ou le besoin d’interprétation qui s’associe intimement à la compulsion de répétition. 

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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