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La mémoire, la trace mnésique

La répétition, le stockage et le rappel des informations perçues sont les principales activités cognitives attribuées à la mémoire. Dans ce sens, le concept de trace mnésique est encore un vaste concept nécessitant de nombreuses recherches. Néanmoins, les psychothérapeutes et les psychanalystes ont établi les principales bases de réflexion. En psychanalyse, le concept de la mémoire s’insère dans la notion de l’inconscient et du refoulement.

Sigmund Freud et les concepts de la mémoire, des souvenirs et des traces mnésiques

En 1891, Sigmund Freud écrit une œuvre remarquable intitulée Contribution à la conception des aphasies.. Elle présente une conception de la mémoire différente de celle des psychologues de son temps tels que Broca ou Carl Wernicke. Cette réflexion évoluera et aboutira, un peu plus tard, au concept de traces mnésiques.

Cette nouvelle conception entre dans le domaine de la métapsychologie et traite du fonctionnement de l’appareil psychique. Dans le domaine de la psychanalyse, cela inclut une distinction entre troubles mnésiques organiques et troubles mnésiques psychogènes. Les premières se manifesteraient concrètement, en l’occurrence, sous la forme de démence et des TCC, et les secondes sous la forme d’amnésie hystérique par exemple.

D’ailleurs, le psychanalyste expose les concepts de la mémoire, des souvenirs et des traces mnésiques dans le deuxième chapitre de son œuvre écrite en 1900 : L’interprétation des rêves.

Les différentes étapes du processus de mémorisation

On peut distinguer trois étapes dans le processus de mémorisation. La première est celle de la perception et de l’encodage, la seconde est le stockage et la consolidation, et enfin, la troisième est le rappel libre.

Dans un premier temps, les organes de la perception reçoivent des informations qu’il faut décoder. Cette fonction dépend donc entièrement de la bonne condition des organes sensoriels. Ensuite, dans un deuxième temps, il se passe un phénomène biologique qui va consolider les traces mnésiques. Et la troisième étape est le rappel spontané ou par indice de la mémoire.

Ce type de rappel spontané peut être volontaire et conscient. Ainsi, l’individu peut produire lui-même des efforts de mémorisation. Néanmoins, il peut également se passer d’une manière inconsciente et spontanée. Ce recouvrement inconscient de souvenir peut être stimulé par une remise en situation semblable à la condition d’encodage initial. En d’autres termes, si l’on revit la même condition que lors de la première fois où l’on a vu une chose, ou assisté à un évènement, le souvenir peut ressurgir spontanément. 

Les différentes formes de mémoire

La mémoire se présente sous différentes formes. En effet, on parle des mémoires plutôt que d’une mémoire. Elles sont au nombre de trois : la mémoire sensorielle, la mémoire à court terme (ou mémoire de travail) et la mémoire à long terme.

La mémoire sensorielle est instable, sa durée est seulement de quelques millièmes de seconde. C’est elle qui constitue la trace mnésique qui s’incruste dans le cerveau presque inconsciemment. On l’appelle également la mémoire subliminale. La mémoire de travail, appelée également mémoire à court terme, est un peu plus durable que la précédente, de l’ordre de quelques minutes. C’est elle qui nous permet de retenir des informations utiles pour notre activité du moment. La mémoire à long terme dure très longtemps et se divise en deux catégories : la mémoire déclarative et la mémoire non déclarative.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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