Le Surmoi et la Prise de Conscience de la Réalité

Le Surmoi et la Prise de Conscience de la Réalité

Sigmund Freud avance dès 1923 le postulat des trois instances psychiques : le ça, le moi, et le surmoi. Le ça se  situe dans l’inconscient. Le moi et le surmoi se situent à la fois dans le conscient et dans l’inconscient. Le surmoi est le siège de la censure morale. Il porte la trace de l’autorité des parents et dicte la manière dont le désir doit se satisfaire.

Le processus du surmoi

Selon Freud, le concept du surmoi se situe dans la seconde topique. En allemand, le terme “topique” veut dire “lieu”. Pendant près de dix ans, cette notion se confondait chez le psychanalyste avec la notion de l’idéal du surmoi. Cette distinction n’apparait clairement que vers 1933.

Le ça est la source des pulsions. Cependant, les pulsions se retrouvent contraintes par une certaine force impérieuse. Celle-ci empêche donc l’acte de la pulsion de se réaliser. Cela génère donc de la frustration qui entraine une nouvelle pulsion. Cette dernière est une riposte à la force contraignante, mais n’est pas appropriée.

Pour sortir de ce cul-de-sac, l’enfant développe un nouveau mécanisme psychique. Cela consiste à s’identifier à cette force contraignante. Cette force contraignant se trouve dans le moi, c’est le surmoi. Ce dernier est donc le centre des processus de rejet des pulsions. Il renferme les images des autorités contraignantes prises comme modèle par le moi.

Le surmoi : la sublimation du complexe d’Œdipe

Le surmoi est l’aboutissement de la sublimation du complexe d’Œdipe. L’enfant renonce enfin à sa rivalité avec le parent du sexe opposé et à son désir du parent du même sexe. Il se résout à l’identification avec ce dernier; Il l’absorbe en quelque sorte. Il intériorise ses pouvoirs de manière symbolique et, de ce fait, il l’élimine.

Le surmoi apparait dès que l’enfant prend conscience de la réalité qui l’entoure. Il intègre les tabous et les injonctions des parents. Cela devient sa stratégie pour améliorer ses relations avec les parents. Il évite alors de revivre d’éventuels déplaisirs causés par une nouvelle confrontation.

A quoi sert le surmoi ?

Le surmoi est un agent de censure inconsciente. Il trie les pulsions selon des modèles, des règles assimilées par l’enfant. Ces règles sont les sommes des interdictions et des injonctions émises par les parents et son entourage. Elles peuvent avoir un caractère moral, social ou culturel.

Le degré de l’intensité de la contrainte occasionnée par ces normes varie en fonction de la personnalité de l’individu, de sa culture ainsi que de son éducation. Pendant cette étape, les parents jouent un rôle primordial.

Le père tient la part la plus importante car il représente l’autorité. A travers le moi, et d’une manière inconsciente, le surmoi refoule les pulsions non acceptées. Il est donc un facteur déterminant des agissements de l’individu ayant acquis son indépendance.

Le processus du surmoi ne peut pas être réduit à une simple autorité de censure inconsciente. Il découle d’un mécanisme plus complexe. En réalité, il existe plusieurs sortes d’injonctions générant quatre types de surmoi :

  • L’injonction émanant de l’intériorisation de l’autorité paternelle générant le surmoi de l’interdiction,
  • L’injonction maternelle, à la fois objet de désir, donnant naissance au surmoi de la jouissance,
  • L’injonction du modèle à suivre, qui est angoissante, entraine le surmoi de l’idéal narcissique,
  • L’injonction de l’image paternelle en tant qu’objet de désir génère le surmoi sadique.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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