La Psychologie du Sadomasochisme

La Psychologie du Sadomasochisme

Le sadomasochisme est l’un de ces grands mystères de la condition humaine. Malgré qu’il peut être difficile à comprendre, cette pratique se trouve à la pointe de notre société.

Définition du Sadomasochisme

Le sadomasochisme est un sujet controversé. Le sadomasochisme peut être défini comme la prise de plaisir, souvent de nature sexuelle, par l’infliction ou la souffrance de douleur, d’épreuves ou d’humiliation. Il peut se présenter comme une amélioration des rapports sexuels ou, moins fréquemment, comme un substitut ou une condition sine qua non.

L’infliction de la douleur conduit au plaisir sexuel, tandis que la simulation de la violence peut servir à exprimer et à consolider l’attachement. En effet, les activités sadomasochistes sont souvent initiées à la demande, et au profit, du masochiste, qui dirige les activités par des signaux subtils.

Origine du terme

Le « sadomasochisme » est un ensemble de termes tels que « sadisme » et « masochisme », inventés par le psychiatre Richard Von Krafft-Ebing au XIXe siècle. Il a parlé de tendances naturelles et fondamentales au sadisme chez les hommes et au masochisme chez les femmes. Des études plus récentes indiquent que les fantasmes sadiques sont tout aussi répandus chez les femmes que chez l’homme. Cependant, les hommes ont développé ces pulsions sadiques à un âge plus précoce.

Sadomasochisme : point de vue de Krafft-Ebing et Freud

Richard Von Krafft-Ebing (1840–1902) et Sigmund Freud (1856–1939) étaient parmi les premiers commentateurs les plus importants du « sadomasochisme ». Ils se sont souvent tournés vers le passé pour trouver des preuves de sadomasochisme. Ils ont cherché le codage érotique de la douleur dans l’art, la littérature et les cérémonies religieuses.

Krafft-Ebing

La très populaire étude de Richard Von Krafft-Ebing a identifié le sadisme et le masochisme comme deux anomalies sexuelles assez répandues et parfaitement complémentaires l’une de l’autre. Krafft-Ebing a déterminé le sadisme comme étant évident chez les individus qui trouvaient le plaisir sexuel dans le rôle actif de dominer et de blesser les autres. Son opposé complémentaire, il l’a appelé « masochisme ». Ce terme nouvellement créé décrit un sujet qui atteint l’excitation sexuelle en prenant le rôle passif et en se soumettant aux abus et à l’humiliation d’un partenaire qui le punit.

Sigmund Freud

Comme ce fut le cas avec Krafft-Ebing, les premières vues de Freud sur le sadomasochisme insistaient sur les similitudes structurelles du sadisme et du masochisme. Néanmoins, Freud se sentait obligé de revenir sur les complexités de chaque perversion en tant qu’anomalies distinctives et complexes liant l’excitation sexuelle à la domination et à la soumission. Il a, en fait, poursuivi les questions centrées sur la logique interne perplexe des fantasmes masochistes et sadiques à travers un certain nombre d’essais.

Dans le premier de ces essais, il affirmait que le plaisir de la personne dépendait d’une double identification avec le tortionnaire et la victime. Le masochiste faisant d’abord l’expérience d’un fantasme sadique et le sadique reconnaissant la douleur comme un plaisir sexuel, puis profitant « masochistiquement » de la douleur de sa victime.

Approches et tendances contemporaines

Les praticiens sadomasochistes de la société contemporaine résistent à la vision médicale de cette pratique comme une pathologie alimentée par un conflit ou une rage infantile non résolus. Les nouvelles approches de ce concept dans la recherche scientifique intègrent fréquemment les récits de participants dans des organisations et des lieux sadomasochistes.

Ces témoignages défendent la nature consensuelle de leurs interactions et dévoilent les limites qu’ils s’imposent à eux-mêmes en matière de cruauté dans leurs interactions. Ils utilisent une domination-soumission exagérée pour créer une dissonance sexuelle excitante.

Ainsi, de nombreux récits contemporains sur le sadomasochisme s’intéressent davantage à la construction sociale du phénomène qu’à la compréhension des origines ou des conséquences psychologiques des comportements. Alors que l’iconographie et les thèmes sadomasochistes sont représentés beaucoup plus ouvertement, les actes sexuels sadomasochistes consensuels restent officiellement réprimés dans de nombreux pays.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

Laisser un commentaire