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Les voies d’allègement de l’inconscient

Avant l’émergence de la psychanalyse freudienne, le concept de l’inconscient était inconnu. Pourtant, ce dernier joue un rôle primordial  dans l’appareil psychique. Il est le siège de toutes les pulsions. Les pulsions refoulées cherchent à se frayer un chemin pour remonter sous une autre forme. Cela crée une telle pression que l’inconscient doit concevoir des solutions pour s’alléger. Quelles sont donc les voies et les stratégies mises en œuvre par l’inconscient pour trouver un allègement ?

L’inconscient : un concept révolutionnaire pour le diagnostic

Avant les concepts psychanalytiques de Freud, les maladies et les traitements étaient considérés comme relevant uniquement de phénomènes purement biologiques. Toutes les pathologies avaient pour origine des phénomènes purement biologiques tels que les battements du cœur, le fonctionnement des organes divers, la mémoire et le souvenir.

Autrefois, il était inconcevable de penser que la perte de mémoire ne soit pas le résultat d’une détérioration physiologique du cerveau. Toutefois, il est tout à fait possible que ce soit le résultat d’un mécanisme d’autodéfense élaboré par l’inconscient. Ce sont là les manifestations des refoulements. Freud les appelle “les actes manqués”. Ils se présentent de différentes façons et ont une signification très importante, car ils sont une forme de réalisation involontaire de désirs inconscients, une sorte de stratégie furtive pour alléger la pression. 

Les différentes expressions ou voies d’allègement de l’inconscient

Ces mécanismes se réalisent sous la forme d’une activité involontaire. Celle-ci échappe à la conscience au point que le sujet pense l’avoir effectuée  dans un moment d’inattention. Tout porte à croire que c’est une erreur banale, sans raison.

Selon la psychanalyse, ce sont des actes voulus et réussis par l’inconscient. Bien que la conscience les prenne pour des erreurs, ce sont des formes de réalisation des désirs de l’inconscient. Ce sont, en quelque sorte, des arrangements entre ces deux instances. Ces actes psychopathologiques, tels que Freud les appelle, sont un symptôme révélant un mal-être de l’inconscient qui a besoin de se relâcher.

En état de veille,  ils peuvent se manifester sous différentes formes : fantasmes, actes manqués, lapsus de différentes formes, pertes d’objets, actes involontaires comme le fredonnement d’une chanson ou encore des mouvements de manipulations d’objets comme un stylo, etc. 

Ce mécanisme peut également se révéler sous la forme d’une insomnie. Ce serait la manifestation de la peur de s’abandonner, de se relâcher.  L’inconscient se trouve tellement angoissé qu’il n’a pas envie de perdre le contrôle. Il lutte alors avec la conscience. En revanche, l’hypersomnie est une forme de fuite de la réalité. C’est le triomphe de l’inconscient.

Pendant le sommeil, les rêves sont le terrain privilégié de l’expression du désir inconscient. Il se présente sous plusieurs formes. Le rêve prémonitoire est une projection inconsciente. Par ailleurs, le rêve répétitif est l’expression d’un désir non refoulé et qui se manifeste.

En somme, entre le conscient et l’inconscient se produit une sorte de conflit, une censure, pour protéger le sujet. Au-delà de ces deux instances, le préconscient, lui, renferme les interdits et les tabous instaurés par la culture et l’éducation. De ce fait, le rêve d’un enfant apparaît clairement et sans entrave, tandis que celui d’un adulte est chargé de masques et de détours.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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