Justice Réparatrice et Sexualité : La Démarche

Justice Réparatrice et Sexualité : La Démarche

La justice réparatrice est plus généralement axée sur des conceptualisations subjectives, plutôt que juridiques, de la criminalité. Elle favorise une compréhension plus globale de l’infraction, plutôt que de se limiter aux aspects juridiques.

Justice réparatrice : définition du concept

La justice réparatrice est une approche de la justice dans laquelle l’une des réponses à un crime est d’organiser une rencontre entre la victime et le délinquant. Parfois, cette rencontre se déroule avec des représentants de la communauté au sens large.

L’objectif est de leur permettre de partager l’expérience de ce qui s’est passé, et créer un consensus sur ce que le délinquant peut faire pour réparer le préjudice causé par l’infraction.

Cela peut inclure :

  • Un paiement d’argent versé par l’auteur du délit à la victime ;
  • Une excuse et amende ;
  • ainsi que d’autres actions visant à indemniser les personnes touchées et à empêcher l’auteur du délit de causer un préjudice futur.

Justice réparatrice : objectif

Un programme de justice réparatrice vise à amener les délinquants à assumer la responsabilité de leurs actes et à comprendre le tort qu’ils ont causé. Ce dernier leur donne également l’occasion de se racheter et à les décourager de causer davantage de tort.

Pour les victimes, l’objectif est de leur donner un rôle actif dans le processus et de réduire les sentiments d’anxiété et d’impuissance.

La justice réparatrice est fondée sur une théorie alternative aux méthodes traditionnelles qui se concentrent souvent sur la rétribution. Cependant, les programmes de justice réparatrice peuvent compléter les méthodes traditionnelles.

Justice réparatrice : histoire du terme

L’expression « justice réparatrice » est apparue dans les sources écrites depuis la première moitié du XIXe siècle. L’usage moderne du terme a été introduit par Albert Eglash, qui en 1977 a décrit trois approches différentes de la justice :

  • « Justice rétributive », fondée sur la punition ;
  • « Justice distributive », impliquant un traitement thérapeutique des délinquants ;
  • « Justice réparatrice », fondée sur la restitution avec la contribution des victimes et des délinquants

Justice réparatrice dans les cas de violence sexuels

Il est évident que la violence sexuelle, crimes commis contre des enfants, des adultes, peut causer du tort à un nombre important d’hommes et de femmes.

En outre, la probabilité à la fois de ne pas se sentir davantage victimisé par le système de justice pénale ou d’obtenir justice est généralement hors de portée de nombreux patients.

Pour ces raisons, la justice réparatrice pourrait offrir soit une alternative, soit une forme supplémentaire de justice. Dans les deux cas, la justice réparatrice pourrait fournir une approche plus juste sur le plan de la procédure et un grand soutien. Cette démarche augmente la satisfaction des victimes et leur participation active.

Les avantages attendus de la Justice Réparatrice

Il est postulé qu’en utilisant la justice réparatrice, la victime se voit accorder un rôle plus central dans le processus de justice. Celui-ci pourrait servir à rectifier, ou du moins à ne pas reproduire, la perte d’autonomie subie pendant l’agression.

Lorsque la justice réparatrice est utilisée comme un complément, il a été suggéré que le processus répondra aux besoins des survivants qui ne sont pas satisfaits par le système accusatoire. Ces arguments soulignent que la méthode permettrait à la personne concernée de raconter son histoire, avec ses propres mots et sans interruption.

Autre bénéfique d’une Justice Réparatrice

Cette démarche permet de valider publiquement l’expérience des victimes et de leur donner l’assurance et la reconnaissance qu’elles ne sont pas responsables de l’agression. Cela est particulièrement pertinent dans les cas d’abus sexuels d’enfants perpétrés par des frères et sœurs.

Le processus de justice réparatrice permet non seulement à la victime, mais aussi à ses parents de comprendre comment le membre de la famille qui a commis l’infraction a manipulé, contraint et maintenu le secret de la victime. Il peut aider les parents à répartir de manière appropriée la faute et la responsabilité. En effet, cette connaissance peut également éclairer leurs efforts futurs visant à créer un environnement sûr pour leurs enfants.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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