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En psychologie, qu’est-ce que la toute-puissance infantile ?

La « toute-puissance infantile » est parfois appelée par Freud le « narcissisme infantile » et l’« ego infantile ». Ce sentiment se réfère au sens très exagéré de l’importance de soi. Beaucoup de très jeunes enfants le développent à partir de la tendance naturelle à être « le centre de leur univers ».

Sentiment de toute-puissance infantile : définition

Le sentiment de toute-puissance naît de la mauvaise compréhension fondamentale de la réalité. Il est au cœur de la période du narcissisme primaire, pendant laquelle le nourrisson hallucine son objet d’amour originel. Cette perception persiste dans l’enfance et se retrouve chez les peuples préhistoriques et pré-littéraires qui surestiment le pouvoir des vœux pieux et l’effet réel des actes psychiques.

Sentiment de toute-puissance infantile : indication

L’omnipotence infantile est également une caractéristique de la pathologie obsessionnelle apparaissant comme une pensée superstitieuse ou magique. Dans la psychose elle se manifeste comme une illusion de grandeur.

Sigmund Freud a longuement traité le concept de pensée omnipotente à travers des enquêtes sur les peuples primitifs et leurs croyances en la pensée télépathique et animiste. Il l’a également analysé à travers des pathologies telles que la névrose obsessionnelle et la mégalomanie psychotique.

Sentiment de toute-puissance infantile : les concepts de Sigmund Freud.

Freud n’a pas discuté de l’origine de ce concept. Cependant, la régression narcissique dans le sommeil peut être considérée comme faisant du rêveur une personne dans une situation typique de la toute-puissance infantile.

Il pense être capable de réaliser les désirs frustrés de la veille et, à un niveau plus profond, les souhaits refoulés.

La toute-puissance infantile est indissociable de la capacité de l’appareil psychique à ignorer la réalité. Elle a un achat universel en tant que fonction archaïque de la psyché.

Sentiment de toute-puissance infantile selon Melanie Klein

Mélanie Klein a noté que le sens de la toute-puissance de l’enfant est également lié à celui qu’il donne à ses parents et auquel il s’identifie. Dans les deux cas, la réalité s’y oppose.

Le « déclin du sentiment de toute-puissance est provoqué par l’impulsion à diminuer la perfection parentale influençant l’affaiblissement de l’autorité. Un soutien réciproque, une interaction seraient établis entre l’affaiblissement de l’autorité et celui du sentiment de toute-puissance ».

Selon elle, l’expérience de l’enfant en termes d’augmentation ou de diminution de la toute-puissance détermine s’il deviendra audacieux et optimiste ou craintif et pessimiste.

« Pour que le résultat du développement ne soit pas une utopie ni une fantaisie sans limites, mais de l’optimisme, il faut que la pensée apporte une correction opportune », ajoute-t-elle. 

Ainsi donc, un compromis se crée entre le principe de plaisir qui régit les souhaits et les fantasmes.

Sentiment de toute-puissance infantile et les théories de Donald W. Winnicott

Donald W. Winnicott a montré comment l’activité mentale du jeune enfant peut transformer un environnement « suffisant » en un cadre parfait.

Cette transformation est nécessaire pour que la constance des objets ne soit pas perturbée. En revanche, un environnement défectueux est néfaste. En effet, une mauvaise adaptation submerge le psychisme du jeune enfant et le force prématurément à sortir de son univers narcissique.

En ce qui concerne l’illusion de créer l’objet ou les « objets transitionnels », Winnicott  a écrit : « Nous permettons à l’enfant cette folie. Seulement, petit à petit, il faut faire une distinction claire entre le subjectif et ce qui est susceptible d’être prouvé objectivement ou scientifiquement ».

L’omnipotence ne disparaît pas avec la fin de l’enfance. Elle se délimite dans des domaines spécifiques et coexiste avec la reconnaissance  du fait que la réalité lui impose des limites.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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