Caractère distinct du narcissisme normal et pathologique

Caractère distinct du narcissisme normal et pathologique

L’étiquette « narcissique » est largement déployée pour désigner des personnes qui semblent trop s’aimer. Il y a aussi un sentiment croissant que le narcissisme est en hausse dans le monde, en particulier chez les jeunes.

Les traits du narcissisme

Il est facile de décrire quelqu’un qui passe un peu trop de temps à parler de lui-même en tant que narcissique, mais le trait est plus compliqué que cela. Le narcissisme ne représente pas nécessairement un surplus d’estime de soi ou d’insécurité.

Plus précisément, il englobe

  • une soif d’appréciation ou d’admiration
  • un désir d’être le centre de l’attention
  • et une attente d’un traitement spécial reflétant un statut supérieur perçu

Fait intéressant, la recherche révèle que de nombreuses personnes hautement narcissiques admettent souvent qu’elles sont plus égocentriques. Un niveau élevé de narcissisme peut être dommageable dans les relations amoureuses, familiales ou professionnelles.

Quelle est la différence entre le narcissisme normal et pathologique ?

Le narcissisme pathologique, ou trouble de la personnalité narcissique, est rare. Il affecte environ 1 % de la population, une prévalence qui n’a pas changé depuis que les cliniciens ont commencé à le mesurer.

Le trouble est suspecté lorsque des traits narcissiques altèrent le fonctionnement quotidien d’une personne. Ce dysfonctionnement provoque généralement des frictions dans les relations en raison du manque d’empathie du narcissique pathologique. Cela peut également se manifester par un antagonisme, alimenté par la grandeur et la recherche d’attention.

En se considérant comme supérieur, le narcissique pathologique considère naturellement tout le monde comme inférieur et peut être intolérant au désaccord ou au questionnement.
C’est également à ne pas confondre avec le pervers narcissique.

Origines du concept

Les théories cliniques du narcissisme postulent que le narcissisme adulte a ses racines dans les expériences de la petite enfance. Kohut et Kernberg se concentrent tous deux sur les perturbations des relations sociales (parentales) précoces en tant que genèse du trouble de la personnalité narcissique chez l’adulte.

En outre, les deux considèrent le narcissisme comme un défaut dans le développement d’un moi sain.

Les théories de Kohut

Selon Kohut, le soi et la maturité de l’enfant se développent grâce à des interactions avec les autres, principalement la mère. Ces derniers fournissent des occasions pour obtenir l’approbation et la mise en valeur et pour s’identifier à un parfait et tout puissant modèle de rôle.

Les parents empathiques contribuent au développement sain du soi de l’enfant de deux manières :

  • Premièrement, ils fournissent un miroir qui favorise un sentiment de soi plus réaliste.
  • Deuxièmement, les parents révèlent en eux-mêmes des limites qui conduisent l’enfant à intérioriser ou à assumer une image idéalisée réaliste et possible à atteindre.

Les problèmes sont introduits lorsque le parent est peu empathique et ne parvient pas à fournir l’approbation ni les modèles de rôle appropriés.

Le narcissisme est en fait un arrêt du développement de l’enfant, en ce qui concerne le stade normal et nécessaire. Le résultat est que le moi de l’enfant reste grandiose et irréaliste. En même temps, celui-ci continue à idéaliser les autres pour maintenir l’estime de soi par l’association.

Les points de vue d’Havelock Ellis

Le narcissisme a été identifié comme un trouble mental par l’essayiste et médecin britannique en 1898. Il se caractérise par :

  • une image de soi exagérée et une dépendance au fantasme
  • un sang-froid inhabituel
  • un sang-froid ébranlé seulement lorsque la confiance narcissique est menacée
  • une tendance à prendre les autres pour acquis ou à les exploiter

Le trouble porte le nom de la figure mythologique de Narcisse, qui est tombé amoureux de son propre reflet. Selon Sigmund Freud, le narcissisme est une étape normale du développement de l’enfant, mais il est considéré comme un trouble lorsqu’il survient après la puberté.

Quelles sont les stratégies pour gérer un narcissique ?

Reconnaître votre frustration, apprécier d’où vient ce comportement et refuser de perdre votre propre but quand un narcissique occupe le devant de la scène, sont des stratégies clés, entre autres. Les chercheurs qui classent les narcissiques comme vulnérables ou grandioses soutiennent que des approches spécifiques sont justifiées pour chaque type.

Les narcissiques savent-ils qu’ils sont narcissiques ?

Si vous avez l’impression qu’une personne est narcissique, il vaudrait mieux lui demander. On suppose généralement que les gens ne réalisent pas qu’ils sont narcissiques ou le nient pour éviter de contester leur identité.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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