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La Dermatillomanie ou Trouble d’Excoriation : Qu’est-ce que c’est ?

Bon nombre de personnes ont la manie de se gratter, de se triturer, de vouloir presser le moindre bouton qui se trouve sur son visage. Cette manie d’un aspect maladif, obsessionnel est appelée la dermatillomanie. Des centaines de milliers de personnes en sont atteintes. Malgré cela, ce trouble de l’anxiété  est peu connu en France. Leur problème est de savoir comment surmonter ce trouble.

La dermatillomanie, c’est quoi ?

Appelée également trouble d’excoriation, la dermatillomanie  se manifeste par une envie irrésistible de vouloir scruter, gratter et manipuler la peau afin d’en éliminer les soi-disant imperfections. En effet, il arrive que cette imperfection soit vraiment là, mais la plupart du temps elle est imaginaire.

Cette manie est une forme de trouble obsessionnel compulsif (TOC). Certains spécialistes le considèrent même comme une forme de dépendance. Ce trouble atteint majoritairement les femmes bien qu’il puisse concerner les deux sexes. Et une frange relativement importante de la population en souffre en France (presque dix pourcents).

Les symptômes du trouble d’excoriation

Le sujet atteint de ce trouble peut se gratter impulsivement la peau au point d’engendrer des plaies et des lésions. Ce genre de comportement est dû à des troubles nerveux, des troubles de l’anxiété ou des dépressions. Quand elle se manifeste, la crise peut durer quelques minutes voire plusieurs heures.

En général, les parties du corps concernées sont les parties supérieures et visibles du corps. Ainsi, elle se manifeste sur le visage, le cou, la nuque, les zones capillaires le torse. Certaines zones visibles comme les épaules et les jambes peuvent le subir ainsi que le ventre et le pubis.

Les gestes compulsifs entrainent une sorte de soulagement pour l’individu. Mais une fois que la crise est terminée, un  sentiment de culpabilité et de honte l’envahit. Et il aura tendance à en cacher les stigmates. Il cherchera par exemple à les dissimuler sous des maquillages ou des habits. La volonté de cacher les traces peut même le pousser à s’éloigner des autres et à éviter les contacts avec les autres. 

La dermatillomanie n’est toutefois pas similaire à l’automutilation qui consiste à blesser ou endommager les parties du corps directement. La douleur et la blessure n’est pas le but de la personne souffrant de la dermatillomanie. Et l’attitude dissimulatrice du patient n’est pas non plus la même que celle de la personne ayant une obsession du corps. Car le geste de celui-ci n’est pas de cacher une blessure issue d’un geste involontaire  mais de dissimuler une partie qu’il croit honteuse.

Quel traitement peut-on utiliser pour guérir ce toc ?

Face à ce trouble, plusieurs traitements peuvent être envisagés pour la personne souffrant de la dermatillomanie. Dans un premier temps, il faut entreprendre un traitement dermatologique afin de guérir les plaies de la peau. Ensuite, cela devra s’accompagner d’une psychothérapie. En effet, il est nécessaire de savoir quels sont les facteurs qui déclenchent la crise ; ceux-ci-ci peuvent être d’origine physique ou émotionnelle. Des traitements médicamenteux tels que les antidépresseurs qui pourront aussi être prescrits par un médecin psychiatre. 

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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