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Le Syndrome de Hikikomori

En l’an 2000, le syndrome de hikikomori a été découvert. De jeunes Japonais se comportant d’une manière étrange se sont fait remarquer. Ils vivent cloitrés dans leur chambre des mois durant. Ils n’ont qu’Internet comme unique lien avec le monde extérieur. Le cas n’est pas rare. Ils se comptaient par plusieurs centaines de milliers. Et cet effectif ne cessait de croître à tel point que l’on s’est demandé quelle est l’origine de ce phénomène. Est-ce un phénomène de société ou cela relève-t-il d’une pathologie psychique? Est-ce un phénomène propre au pays du soleil levant ou un phénomène universel?

Les premières apparitions du syndrome de hikikomori

Le terme de « syndrome de hikikomori » apparaît pour la première fois en 1998. C’est le psychiatre japonais, Tamaki Saito, qui l’a utilisé pour désigner le comportement d’enfermement et d’isolement caractéristique de bon nombre de jeunes Japonais de cette époque. Selon lui, le syndrome de hikikomori désigne les comportements des individus qui vivent cloitrés pendant une durée d’au moins six mois. Ces individus ne présentent pourtant aucun trouble d’ordre psychiatrique.

Des formes de retrait et d’isolement social ont déjà été répertoriées par des spécialistes auparavant dans de nombreux pays. Mais le syndrome de hikikomori a été le plus médiatisé. Son ampleur fascinait en même temps qu’elle faisait peur. Et les dirigeants japonais ont pris des mesures dignes d’une grande épidémie infectieuse pour régler le problème. Des enquêtes épidémiologiques ont été commanditées. Le résultat a été particulièrement sidérant. En effet, 230 000 jeunes Japonais en sont atteints et cinq millions d’individus sont des sujets à risque.

Les origines du syndrome de hikikomori

Au début, les spécialistes japonais l’ont confondu à une manifestation de l’agoraphobie. Mais tout compte fait, le phénomène qui lui est le plus proche est celui de l’ochlophobie. Il a de nombreuses causes.

Le syndrome proviendrait de traumatismes relationnels venant de la famille ou de l’extérieur. L’origine peut remonter à l’enfance de l’individu. Celui-ci est victime d’un manque de confiance en lui-même. Il se sent en situation d’insécurité en dehors de la famille. Une des causes externes de ce syndrome est la rigueur du système scolaire. Dans la société japonaise, certains fils aînés entretiennent avec leur mère une relation particulièrement fusionnelle. Cela entraîne un manque considérable de socialisation ainsi qu’un retard de langage. Ces individus ont une faible tolérance aux frustrations et aux contraintes du monde extérieur.

Il y a également le phénomène d’amae. Ceci proviendrait de la tendance extrêmement permissive de la famille japonaise envers leurs enfants. Ainsi l’enfant cherchera toujours à être chouchouté et protégé en permanence par ses proches. L’enfant n’est pas soumis à l’autorité du père et encore moins à sa rivalité. La sanction n’existe pratiquement pas. Et l’enfant vit dans une liberté totale. Enfin, les jeunes sont soumis à une forte pression scolaire. La société japonaise est très stricte sur le plan de la scolarisation. Les élèves passent toujours des concours très sélectifs qui les obligent à travailler dur. Cette pression est ensuite relayée par les parents et la famille.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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