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Les symptômes de la dépression

Si la déprime ou le coup de blues sont des états d’esprits que tout le monde connaît à certains moments de la vie, la dépression s’avère beaucoup plus grave ; ce trouble psychiatrique traduit un véritable mal-être, dont les conséquences peuvent être irréparables. Il est donc important de l’identifier de façon à pouvoir la traiter. Comment reconnaître ses symptômes ?

Une tristesse intense

Le premier symptôme de la dépression est une tristesse intense, envahissante, permanente et sans lien avec l’environnement extérieur du malade. Si cette tristesse perdure au cours des quelques semaines qui suivent, il ne s’agit plus d’une simple déprime passagère, mais bien d’une dépression.

Le malade a conscience de son état d’esprit mais ne peut se l’expliquer, et son entourage non plus. Sa tristesse prend la forme d’un sentiment de désespoir et la personne qui en souffre a l’impression que rien de positif ne peut lui arriver. Elle l’éprouve en permanence, dès le réveil, sans aucune raison ou sans aucun lien avec les évènements de la vie quotidienne, ce qui rend ce sentiment réellement envahissant : c’est non seulement toute la perception du futur qui en est affectée, mais aussi le présent et les souvenirs du passé.

Parce qu’elle est inexplicable, la tristesse de la personne dépressive sera imperméable aux tentatives de réconfort de l’entourage. C’est pourquoi il est nécessaire de recourir à la médecine, et solliciter l’aide d’un psychothérapeute.

Un état anxieux

Le dépressif ressent, en plus de la tristesse, une profonde anxiété, une sensation de tension constante qui parfois est paralysante. Cette anxiété peut se focaliser de manière excessive sur un objet précis, une préoccupation, sur son état de santé ou sur son environnement professionnel. Lorsqu’elle se transforme en angoisse, toutes les manifestations physiques apparaissent : sentiment d’oppression, palpitations cardiaques, gorge serrée…

Une perte d’intérêt et de plaisir

Un autre symptôme caractéristique de la dépression concerne l’incapacité du malade à éprouver du plaisir. On parle d’anhédonie. Cette perte d’intérêt se manifeste dans tous les aspects de sa vie quotidienne, toutes les activités qui avaient auparavant un sens pour le malade paraissent désormais ternes. Pour le sujet atteint de dépression, la vie n’a plus de goût, et encore moins de but. Il en résulte une baisse de la libido, et le désir sexuel disparaît.

Un sentiment de culpabilité

Le dépressif a également tendance à se dévaloriser, et perdre toute estime de lui-même, du fait d’un sentiment d’échec persistant qui se manifeste autant dans le cercle familial, que social et professionnel. Le sentiment de ne pas mériter l’amour des autres et de ne pas les intéresser se traduit par le sentiment d’abandon, d’inutilité et de solitude.

Une fatigue intense

La dépression s’accompagne également d’une fatigue intense, d’une sensation de manque d’énergie constante qui ne passe pas, malgré tout le repos et le sommeil possible. Cette sensation se manifeste surtout le matin, et a tendance à s’atténuer un peu au cours de la journée. Ainsi, la dépression peut conduire à une incapacité à se lever, qu’on appelle clinophilie.

Des troubles cognitifs

La dépression peut également être associée à des troubles cognitifs : tout d’abord, la personne dépressive éprouvera une baisse de l’attention, des difficultés à se concentrer puis tout travail de mémorisation deviendra compliqué. Des trous de mémoire se manifestent également, et l’impression que les pensées fonctionnent au ralenti sont d’autres signes qui entraveront sa capacité à réfléchir et s’exprimer.

La tristesse intense et l’anxiété engendrées par l’état dépressif conduisent à des difficultés dès lors qu’il s’agit de faire preuve de jugement ou de raisonner, puisque toute les pensées de la personne sont teintées de pessimisme.

Un ralentissement psychomoteur

Le premier symptôme comportemental est le ralentissement psychomoteur du malade. Il lui faut davantage de temps pour accomplir les tâches qu’il accomplit habituellement à cause des troubles cognitifs, mais aussi de la fatigue intense que la personne dépressive ressent. Son discours est monotone, laconique, il est pénible pour elle de parler et d’agir, tout lui demande un effort important. La pensée et la capacité d’agir s’en retrouvent affectées, provoquant le manque d’initiative, et le repli sur soi.

Des troubles de l’humeur

La dépression peut aussi engendrer des troubles de l’humeur. On parle alors de dépressions hostiles, dont les signes sont l’irritabilité du malade, qui peut se montrer agressif avec son entourage.

Des troubles du comportement alimentaire

On observe également des troubles du comportement alimentaire, assimilés à l’anorexie ou à la boulimie dans les cas les plus sérieux. Le malade éprouve alors une perte d’appétit ou, au contraire, un besoin de manger constamment. Il en résulte des pertes ou prises de poids importantes et dans les deux cas, un dérèglement de l’alimentation (horaires des repas irréguliers, repas malsains…).

Des troubles du sommeil 

Les troubles du sommeil sont également un signe de dépression. Le sommeil est souvent court, de mauvaise qualité et peu réparateur, expliquant le sentiment de fatigue intense au réveil. Le malade peut souffrir d’insomnie la nuit et avoir en permanence envie de dormir au cours de la journée. Il s’ensuit un sentiment de décalage par rapport aux autres : le malade ne suit pas son rythme normal.

Des symptômes somatiques

La dépression se traduit également par des symptômes physiques : maux de tête, douleurs articulaires, troubles digestifs, troubles cardiovasculaires type hypotension, ou palpitations cardiaques, etc.

Des idées suicidaires

Il s’agit du symptôme le plus alarmant, le malade a des idées noires, signe que la dépression est clairement avancée. Ce symptôme concerne 80% des dépressifs, surtout les hommes ou les personnes qui ont des antécédents familiaux. Le malade peut alors passer à l’acte et faire des tentatives de suicide : il est important pour l’entourage de prendre ces éléments au sérieux, car leur proche se sentira alors moins incompris et ils contribueront ainsi à sa guérison.

Les idées suicidaires se traduisent concrètement par des comportements à risque, tel qu’une vitesse excessive sur la route ou encore la prise de substances toxiques ou de drogues impliquant une dépendance. Ce sont autant de signes que l’entourage doit capter, afin d’éviter le pire des scénarios, ou anticiper, de façon à donner à leur proche toutes les chances de soigner les maux dont il souffre.

 

 

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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