L’addiction aux réseaux sociaux : comprendre et agir

L’addiction aux réseaux sociaux : comprendre et agir

L’addiction à internet et notamment aux réseaux sociaux est un fléau qui touche aussi bien les adultes que les enfants. Plusieurs questions se posent lorsqu’on est affecté : comment passer moins de temps devant les écrans ? Comment réduire son activité sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram ? Comment identifier et prévenir l’addiction chez les adolescents ?

L’intérêt de passer moins de temps devant les écrans.

E-mails, SMS, notifications… nous les recevons quotidiennement, de jour comme de nuit. Une personne dépendante de son téléphone le consultera constamment pendant la journée et même la nuit ; la simple émission de lumière qui accompagne la réception d’un message suffit à l’alarmer. Les personnes qui gardent leur téléphone près d’elles ne jouissent pas vraiment d’un sommeil récupérateur, elles connaissent plutôt un demi-sommeil. Consulter leur portable est alors un réflexe naturel, qu’elles répètent automatiquement tout au long de la nuit, finissant par se réveiller fréquemment pour vérifier les notifications sur leur portable.

De nombreuses personnes utilisent leurs téléphones la nuit pour regarder des vidéos, surfer sur internet ou jouer. C’est une façon pour eux de se distraire, faire passer le temps, mais elles ne font par-là en vérité que perturber leur sommeil. L’impact d’une utilisation prolongée des smartphones en effet n’est pas seulement psychique. Les écrans des appareils mobiles émettent une lumière bleue qui stimule le cerveau, altérant ainsi le rythme naturel veille/sommeil du corps, retardant ce dernier. Cet effet se manifeste surtout par une perturbation de la sécrétion de mélatonine, hormone du sommeil, responsable de l’endormissement. La dépendance aux écrans est donc en lien direct avec les troubles du sommeil.

Apprendre à passer moins de temps sur les réseaux sociaux

Nous utilisons aujourd’hui de nombreux réseaux sociaux et ce à des fins variées. Certains en ont un usage strictement professionnel quand d’autres y participent par plaisir, pour échanger entre amis, ou faire des rencontres. Lesquels utilisez-vous et pour quelles raisons ? C’est la première question à se poser si vous tentez de limiter votre usage. En effet, se déconnecter du monde virtuel en se débarrassant de son ordinateur ou de sa tablette n’est pas la bonne solution. C’est une approche excessive et contre-productive qui ne fonctionnera que très rarement. L’idée est plutôt de comprendre pourquoi et comment vous passez votre temps sur les réseaux sociaux, de façon à identifier les raisons pour lesquelles il vous faut réduire ce temps.

Dans le cadre d’une thérapie cognitivo-comportementale, le professionnel accompagne le patient dans sa démarche pour réduire le temps que ce dernier passe sur internet. Le thérapeute procède au rythme du patient, progressivement. Il est intéressant à ce titre de comparer le temps passé sur les écrans, avec tout ce qu’il est possible de réaliser dans la même durée.

Quand le sevrage devient nécessaire

Le sevrage devient nécessaire lorsque le patient n’arrive pas à limiter le temps qu’il passe sur les réseaux sociaux, ou à se restreindre de les consulter, de manière durable et répétée. Le sevrage devient alors la seule solution. Il doit être combiné à une technique de relaxation, comme la respiration vagale ou la cohérence cardiaque.

Quelle que soit l’approche utilisée, il est important de responsabiliser le patient et non le culpabiliser, ou lui imposer des interdits.

L’addiction aux réseaux sociaux chez l’adolescent

  • Symptômes et signes alarmants

Un enfant dépendant des écrans présente de nombreux symptômes. Il présente des difficultés de concentration, d’endormissement tout comme des difficultés à quitter son portable en toutes circonstances. Il se peut aussi qu’il présente des crises d’hystérie, de la nervosité ou de la colère quand les parents coupent l’accès à internet.

  • Conséquences à court et long terme

L’inconvénient majeur des réseaux sociaux est notamment la violence à laquelle ils exposent la personne, car ces conditions favorisent le stress, et donc l’insomnie, le manque de concentration, la fatigue, etc. Cette dépendance déteint également sur la qualité et l’authenticité des relations humaines.

Rôle des parents face à l’addiction de l’adolescent

Le risque est réel, et votre enfant n’est jamais à l’abri d’être exposé à des contenus inappropriés. Il est donc important d’installer des logiciels de contrôle parental, qui filtrent les sites violents. Les possibilités d’apprentissage sont énormes sur le web : littérature, culture, biologie, voyage, sciences, etc. Tous les domaines sont accessibles ce qui fait du web un support dont les enfants sont friands. C’est pourquoi il est intéressant d’apprendre à l’enfant comment y naviguer, de sorte que l’usage qu’il en fait soit responsable et pertinente au regard de son développement intellectuel. L’idéal est alors de conclure un contrat moral avec lui, qui l’implique dans les décisions qu’il prend lorsqu’il est dans cet espace.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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