Tout ce qu’il faut savoir sur la dyscalculie

Tout ce qu’il faut savoir sur la dyscalculie

La dyscalculie est un trouble fréquent, dont près de 3% de la population serait potentiellement touchée. La dyscalculie est un trouble de l’apprentissage aussi fréquent que la dyslexie.

Qu’est-ce que la dyscalculie ?

On parle de dyscalculie pour évoquer un trouble des apprentissages numériques (nombres, calculs, proportions, distances…). On peut comparer celui-ci à la dyslexie, qui est un trouble se rapportant à l’apprentissage de la lecture. C’est un trouble qui touche tout le monde quelque soit son QI, ou son sexe.

Pendant l’enfance, celui ou celle qui est atteinte d’une dyscalculie aura des difficultés à apprendre les mathématiques au même rythme que ses camarades. La dyscalculie peut prendre différentes formes, Geary et Von Aster proposent deux modèles indépendants.

Selon Geary, il existe trois types de dyscalculies. La dyscalculie procédurale, la dyscalculie caractérisée par une difficulté dans la récupération de faits arithmétiques, ou encore caractérisée par une difficulté de nature visuo-spatiale.

Selon Von Aster, ce trouble prend trois formes : une difficulté verbale, soit avoir du mal à compter, mémoriser et calculer, une difficulté pour ce qui est de l’écriture ou la lecture ou des chiffres eux-mêmes, et une difficulté du « sens des nombres », soit une incompréhension plus ou moins importante du concept de nombre.

D’où vient la dyscalculie ?

Les causes de ce trouble sont assez variées, et on peut par exemple mentionner des troubles primaires pour ce qui est de l’apprentissage des nombres en général. Pour celui-ci, de bonnes méthodes d’apprentissage permettraient de travailler de manière optimale sur l’acquisition de ces compétences numériques.

L’une des causes potentielles concerne la mémoire de travail, qui combine la mémoire courte et la capacité de traiter l’information retenue sur un court laps de temps. Il peut également y avoir une origine physiologique au niveau cérébral (gyrus supramarginal et gyrus angulaire), cela se met en place lors du développement embryonnaire.
C’est pourquoi la consommation d’alcool lors de la grossesse est à surveiller.

La cause génétique est la solution la plus probable. La probabilité qu’un jumeau soit dyscalculique si l’autre l’est est de 70%.

Que faire pour traiter la dyscalculie ?

Malgré la nature persistante de ce trouble, il est primordial d’offrir à la personne qui en souffre une rééducation qui lui permettra d’évoluer, de s’outiller et de pallier tant que possible à ses difficultés tout au long de son cheminement pour exprimer son plein potentiel et optimiser son fonctionnement au quotidien.

Une fois le diagnostic posé et la nature du trouble explicité, la rééducation s’orientera selon les besoins et les caractéristiques propres à la personne tel qu’établi lors de l’évaluation. Un suivi individuel en orthopédagogie est souvent recommandé.
L’orthopédagogue pourra revoir avec l’enfant les bases du calcul, du sens du nombre, du langage mathématique. Avec l’élève du secondaire, selon son parcours scolaire, les notions maîtrisées et celles qui ne le sont pas, la rééducation se fera selon le niveau atteint en mathématiques et selon les besoins.

On tentera d’outiller l’étudiant pour le rendre autonome autant dans son cursus scolaire que dans les tâches de la vie quotidienne où les mathématiques sont sollicitées (manipulation d’argent, utilisation de la calculatrice, calcul de délais temporels, etc.).

L’intervention d’autres professionnels peut également être indiquée (ergothérapeutes, psychorééducateurs, psychanalyste, psychothérapeute etc.), ce que l’évaluation neuropsychologie permet d’identifier.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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