
Par Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et psychanalyste.
En fin de journée, vous remarquez que vos épaules sont remontées ou que vous serrez les dents. Vous avez parfois l’impression de ne jamais retrouver une position vraiment confortable. Ces sensations peuvent accompagner le stress, mais elles ne permettent pas d’en déduire automatiquement la cause d’une douleur.
L’anxiété peut s’accompagner de tensions musculaires. La posture, le sommeil, l’activité physique et certains problèmes de santé peuvent aussi intervenir. Comprendre ce qui se passe demande de tenir compte de l’ensemble de la situation.
Observer les moments de tension
Sans examiner votre corps en permanence, repérez quelques situations où la tension augmente : une longue séance devant l’ordinateur, un appel difficile, une nuit courte ou un trajet fatigant. Notez également ce qui vous apporte un peu de confort.
Cette observation aide à formuler des questions concrètes. Avez-vous besoin de pauses, d’un réglage du poste de travail, d’un avis médical ou d’un espace pour parler de ce qui vous préoccupe ? Plusieurs réponses peuvent être utiles en même temps.
Essayer un relâchement doux
La relaxation musculaire progressive repose sur l’alternance entre une légère contraction et un relâchement. Elle vise à mieux reconnaître la différence entre tension et détente. Elle peut être apprise avec un professionnel ou à l’aide d’un support adapté.
Il ne faut pas chercher à contracter fortement une zone douloureuse. Un simple relâchement des épaules ou des mains peut être plus approprié. En présence d’une blessure, d’une douleur inhabituelle ou d’une maladie connue, demandez conseil avant de pratiquer des exercices.
Sortir de la recherche d’un corps parfaitement détendu
Vérifier à chaque instant si la tension a disparu peut devenir épuisant. Plutôt que de chercher une détente totale, choisissez un geste modeste : changer de position, faire une pause ou reprendre une activité agréable qui ne majore pas la douleur.
Les effets varient selon les personnes et les jours. Une séance de relaxation qui n’apporte pas de soulagement immédiat ne signifie pas que vous vous y prenez mal. Il n’existe pas de complément alimentaire à prendre systématiquement parce qu’une tension semble liée au stress.
Quand consulter ?
Une douleur nouvelle, persistante, qui s’aggrave ou limite vos activités mérite une évaluation médicale. Une douleur thoracique brutale, un malaise ou une difficulté respiratoire importante ne doivent pas être attribués d’emblée à l’anxiété : contactez les secours au 15 ou au 112.
Lorsque l’anxiété occupe une place importante, une psychothérapie peut aider à travailler les inquiétudes, les situations de tension et les habitudes de surveillance corporelle. Cet accompagnement peut compléter les soins nécessaires, sans remplacer l’examen d’une douleur.
Pour approfondir
Techniques de relaxation en TCC pour gérer le stress en visio-consultation
Psychothérapeute TCC en téléconsultation – Questions fréquentes
Sources et repères
Assurance Maladie — Symptômes et diagnostic des troubles anxieux
Royal National Orthopaedic Hospital — Relaxation et gestion de la douleur



