
Par Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et psychanalyste.
Vous aimeriez reprendre le volant, mais l’idée d’un trajet fait monter l’angoisse. Peut-être avez-vous cessé de conduire depuis longtemps, vécu une expérience difficile ou commencé à éviter certaines routes. Repartir directement sur un trajet exigeant n’est pas la seule manière d’avancer.
La reprise doit tenir compte de deux questions distinctes : ce qui vous fait peur et les conditions nécessaires pour conduire en sécurité. Une progression utile respecte les deux.
Clarifier la difficulté avant de choisir un trajet
Craignez-vous un accident, une erreur de conduite, un malaise, les réactions des autres automobilistes ou l’impossibilité de vous arrêter facilement ? La peur peut être limitée à une route ou concerner le fait même de s’installer au volant.
Après une longue interruption, un enseignant de la conduite peut aider à réévaluer les compétences et à retrouver des repères pratiques. En cas de symptômes physiques ou de doute sur l’effet d’un traitement, demandez un avis médical. Se sentir inquiet et être momentanément inapte à conduire ne sont pas des situations à traiter de la même façon.
Construire des étapes individualisées
Une exposition progressive peut faire partie d’un accompagnement en TCC. Elle se prépare en fonction de vos objectifs et de votre situation. Il n’existe pas une échelle obligatoire allant d’un tour de quartier à trente minutes d’autoroute.
Vous pouvez commencer par identifier un contexte peu exigeant, les conditions de circulation et la personne susceptible de vous accompagner de façon appropriée. Certains premiers exercices se font sans déplacement, dans un véhicule stationné en sécurité. Les étapes suivantes doivent rester compatibles avec vos capacités de conduite.
Garder l’attention disponible pour la route
Pendant la conduite, les règles de sécurité et l’attention à la circulation restent prioritaires. Ne fermez pas les yeux, ne consultez pas un exercice sur votre téléphone et n’entreprenez pas une tâche qui détourne votre attention pour lutter contre l’angoisse.
Si des symptômes compromettent votre capacité à conduire, recherchez un endroit où vous arrêter en sécurité, conformément aux règles de circulation. Ne vous imposez pas de continuer pour « réussir » un exercice. Une situation d'urgence ou un malaise demande une réponse adaptée, pas une interprétation automatique en termes d’anxiété.
Faire le point après l’essai
Une fois à l’arrêt, revenez sur le trajet avec des questions concrètes : quelle situation était difficile ? Qu’avez-vous pu faire ? La prochaine étape doit-elle être répétée, simplifiée ou préparée autrement ?
La progression n’a pas à être linéaire. Un accompagnement peut aider à distinguer les précautions nécessaires des habitudes d’évitement qui réduisent progressivement votre autonomie. L’objectif est de retrouver une conduite compatible avec votre sécurité et vos besoins.
Pour approfondir
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Sources et repères
NHS — Facing your fears : principes de l’exposition progressive



