
Par Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et psychanalyste.
Vous prenez un café pour commencer la journée, puis un autre pour tenir après une mauvaise nuit. Vous vous demandez parfois s’il contribue à votre agitation, sans savoir s’il faudrait tout arrêter. La réponse ne se résume pas à déclarer le café responsable de votre anxiété.
La caféine est un stimulant. Selon la quantité, l’horaire et la sensibilité individuelle, elle peut favoriser l’agitation ou perturber le sommeil. Mais les inquiétudes, les contraintes du quotidien et d’autres facteurs peuvent aussi jouer un rôle.
Faire un relevé simple de ses habitudes
Pendant quelques jours, notez les boissons caféinées, leurs horaires et la taille approximative des portions. Le café n’est pas la seule source : le thé, certains sodas et les boissons énergisantes en contiennent aussi.
Ajoutez une observation générale sur votre sommeil ou votre agitation, sans contrôler votre pouls après chaque tasse. Ce relevé sert à discuter d’une habitude et à repérer une piste. Il ne permet pas de poser un diagnostic ni d’établir à lui seul un lien de cause à effet.
Choisir un changement facile à évaluer
Si vous souhaitez essayer une réduction, vous pouvez commencer par une portion plus petite ou remplacer une boisson prise tard par une boisson sans caféine. Changer une seule habitude à la fois facilite l’observation et évite de rendre le quotidien inutilement compliqué.
Le décaféiné contient encore une petite quantité de caféine. Le thé vert et le matcha en contiennent également : ce ne sont donc pas des boissons sans caféine. Vérifier l’étiquette peut aider, particulièrement pour les boissons énergisantes.
Réduire progressivement si nécessaire
Une diminution importante ou un arrêt brutal après une consommation régulière peut s’accompagner de maux de tête, de fatigue ou d’irritabilité. Une réduction progressive est souvent plus confortable. Il n’existe pas de calendrier de trois semaines convenant à tout le monde.
Si votre consommation est élevée, si vous prenez un traitement ou si vous avez une situation médicale particulière, un médecin ou un pharmacien peut vous conseiller. Il n’est pas nécessaire d’ajouter automatiquement des plantes ou des compléments pour remplacer le café.
Ne pas faire de cette expérience une explication unique
Une amélioration du sommeil ou de l’agitation peut vous aider à choisir vos habitudes. À l’inverse, l’absence de changement n’est pas un échec et ne signifie pas que votre anxiété est imaginaire.
Des palpitations nouvelles, persistantes ou accompagnées d’autres symptômes doivent être évaluées. Si l’anxiété continue à limiter votre vie, elle mérite aussi un accompagnement spécifique. Réfléchir à la caféine peut constituer un ajustement du quotidien, sans remplacer la recherche des autres difficultés en jeu.
Pour approfondir
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