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Le saviez-vous ? Près de 20 % de la population
ressent une appréhension ou une angoisse forte à l’idée de prendre
l’avion. Pourtant, statistiquement, l’avion reste de très loin le
moyen de transport le plus sûr au monde.

Les mains moites à l’embarquement, le cœur qui s’emballe au moindre
signal sonore en cabine, ou des nuits blanches à imaginer le pire des
scénarios avant le départ… La peur de l’avion (ou aérophobie) gâche
les vacances et les déplacements professionnels de nombreuses
personnes. Voici des clés concrètes pour survoler vos angoisses.


Les racines de l’aérophobie : De quoi a-t-on vraiment peur ?

L’aérophobie est rarement une peur irrationnelle de l’avion en
lui-même. Elle se nourrit généralement de trois autres troubles
sous-jacents :

  • La claustrophobie : La sensation d’être enfermé
    dans un espace clos sans issue possible durant plusieurs heures (lire
    notre article sur la claustrophobie).
  • L’agoraphobie : La peur de faire une attaque de panique au milieu de
    centaines d’inconnus et de ne pas pouvoir s’échapper ou être secouru
    (découvrez notre guide sur l’agoraphobie).
  • La perte de contrôle : Devoir confier sa vie à
    des pilotes que l’on ne maîtrise pas et à une machine dont on ne
    comprend pas le fonctionnement.

Comment gérer l’angoisse avant et pendant le vol

Un voyage en avion réussi se prépare au sol et se gère en altitude
grâce à des techniques simples.

1. Démystifiez les turbulences

Les turbulences sont
impressionnantes mais physiologiquement inoffensives pour l’appareil.
Considérez l’air comme de la gelée : un avion glisse dessus. Les trous
d’air ne sont que des bosses sur la route. Les appareils sont conçus
pour supporter des contraintes bien supérieures à celles d’un vol
réel.

2. Utilisez la cohérence cardiaque au décollage

Le
décollage est le moment le plus anxiogène du vol. Dès que l’avion
s’aligne sur la piste, fermez les yeux et commencez une respiration
abdominale lente (inspirez sur 5 secondes, expirez sur 5 secondes).
Cela empêche l’adrénaline de saturer votre système nerveux.

3. Créez votre “bulle sensorielle”

Isolez-vous des bruits
de la cabine (qui alimentent l’hyper-vigilance) à l’aide d’un casque
anti-bruit ou de bouchons d’oreilles. Lancez une playlist apaisante,
un podcast captivant ou un film que vous connaissez déjà par cœur pour
rassurer votre esprit.


Préparer son voyage sur le long terme

Si votre peur est paralysante au point de vous faire annuler vos
voyages, n’hésitez pas à suivre un stage de traitement de la peur de
l’avion (souvent proposés par les compagnies aériennes) ou à consulter
pour une thérapie brève (TCC). Apprendre à lâcher prise sur le
contrôle est un excellent exercice pour soigner votre anxiété générale.

Prendre rendez-vous

Si ces difficultés perturbent votre quotidien, un accompagnement psychothérapeutique peut vous aider à mieux comprendre ce qui déclenche l’angoisse et à avancer à votre rythme. Contacter Rodolphe Oppenheimer.

À propos de l’auteur

Rodolphe Oppenheimer est psychothérapeute et psychanalyste basé à Paris. Il accompagne notamment les troubles anxieux, les phobies et les difficultés pouvant être travaillées en téléconsultation de psychologie.

Repères documentaires

  1. Rothbaum, B. O. et al. (2000). A controlled study of virtual reality exposure therapy for the fear of flying. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 68(6), 1020-1026. Consulter la source
  2. Tortella-Feliu, M. et al. (2011). Virtual reality versus computer-aided exposure treatments for fear of flying. Behavior Modification, 35(1), 3-30. Consulter la source
  3. Campos, D. et al. (2019). Efficacy of an internet-based exposure treatment for flying phobia (NO-FEAR Airlines) with and without therapist guidance: a randomized controlled trial. BMC Psychiatry, 19, 86. Consulter la source