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Dissonance cognitive : comprendre ses contradictions pour retrouver une liberté de choix

Illustration d’une personne face à deux chemins entrelacés, évoquant les contradictions et la liberté de choix.

Un éclairage proposé par Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et psychanalyste.

Vous savez qu’une situation ne vous convient plus, mais vous continuez à l’accepter. Vous prenez une décision, puis vous passez des heures à vous convaincre qu’elle était la bonne. Vous défendez certaines valeurs, tout en constatant que vos actes s’en éloignent.

Ce décalage peut devenir inconfortable. Il peut susciter des justifications répétées, de la culpabilité ou une impression de ne plus être tout à fait en accord avec soi-même.

La dissonance cognitive offre une grille de compréhension de certaines de ces contradictions. Elle ne désigne ni une maladie ni un diagnostic. Elle décrit un mécanisme psychologique susceptible de concerner chacun d’entre nous : lorsqu’une incohérence nous dérange, nous cherchons à la rendre plus supportable.

Dans une démarche psychothérapeutique, l’enjeu consiste à comprendre ce que cette contradiction représente pour la personne, ce qui la maintient et la marge de choix dont elle dispose réellement.

Qu’est-ce que la dissonance cognitive ?

Le psychologue Leon Festinger a formulé la théorie de la dissonance cognitive en 1957. Elle s’intéresse aux tensions qui peuvent apparaître lorsque plusieurs de nos cognitions entrent en contradiction.

Le terme « cognition » recouvre ici une croyance, une connaissance, une opinion, une attitude ou la perception de notre propre comportement.

Une personne peut ainsi penser : « Il est essentiel de respecter mes limites », tout en acceptant régulièrement des demandes qui l’épuisent. Une autre peut considérer la confiance comme fondamentale, tout en restant engagée dans une relation où elle se sent constamment sur ses gardes.

La contradiction ne suffit cependant pas à établir l’existence d’une dissonance. Encore faut-il qu’elle soit perçue comme telle et qu’elle produise un inconfort.

Nous pouvons vivre sans difficulté avec certaines incohérences mineures. D’autres deviennent douloureuses parce qu’elles touchent nos valeurs, nos engagements ou l’image que nous avons de nous-mêmes.

Pourquoi cherchons-nous à justifier certains choix ?

Reconnaître qu’une décision ne nous convient plus peut avoir un coût émotionnel.

Cela peut signifier admettre une erreur, renoncer à un espoir, remettre en question plusieurs années d’investissement ou affronter la déception d’un proche. Dans ces circonstances, trouver des raisons de continuer peut paraître plus accessible que changer.

Nous pouvons alors nous dire :

« Après tout ce que j’ai investi, je ne peux pas arrêter maintenant. »

« Si cela me fait autant souffrir, c’est peut-être que je n’ai pas encore fait suffisamment d’efforts. »

« Ce n’est pas si important, je devrais réussir à m’en accommoder. »

Ces phrases peuvent correspondre à des réalités différentes. Elles ne constituent pas, à elles seules, la preuve d’un mécanisme de dissonance cognitive. Elles deviennent intéressantes à explorer lorsqu’elles reviennent régulièrement et semblent empêcher toute réévaluation de la situation.

Le regard du psychothérapeute consiste alors à examiner leur fonction : permettent-elles de comprendre ce qui se passe, ou servent-elles surtout à rendre supportable une situation qui continue de faire souffrir ?

Exemples de dissonance cognitive dans la vie quotidienne

Dans les relations affectives

Une personne peut souhaiter une relation fondée sur le respect tout en excusant des comportements qui la blessent.

Pour préserver son engagement, elle peut accorder une place très importante aux moments heureux et minimiser les épisodes difficiles. Elle peut aussi penser que ses propres efforts finiront nécessairement par transformer la relation.

Toutefois, rester dans une relation insatisfaisante ne relève pas automatiquement de la dissonance cognitive. L’attachement, la peur, les contraintes financières, la dépendance matérielle ou les responsabilités familiales doivent également être pris en compte.

En consultation, il est essentiel de comprendre l’ensemble de la situation avant d’interpréter un comportement.

Dans le travail

On peut accorder une grande importance à sa santé et à sa vie familiale tout en acceptant durablement une organisation professionnelle qui les fragilise.

Des pensées comme « Cela ira mieux après cette période » ou « Je n’ai pas le droit de décevoir » peuvent aider à tenir. Mais lorsque la période se prolonge indéfiniment, elles peuvent aussi retarder une réflexion sur les limites à poser.

L’accompagnement psychothérapeutique peut offrir un espace pour distinguer les contraintes effectives des exigences que l’on s’impose.

Après une décision importante

Un achat coûteux, une orientation professionnelle ou un déménagement peuvent susciter des doutes.

Pour réduire l’inconfort, nous pouvons mettre davantage en avant les avantages de l’option choisie et dévaloriser les possibilités abandonnées.

Cette réévaluation n’est pas nécessairement problématique. Elle mérite surtout notre attention lorsqu’elle nous empêche de reconnaître des difficultés concrètes ou de corriger une décision devenue inadaptée.

Comment réduisons-nous nos contradictions intérieures ?

Plusieurs voies sont possibles.

Nous pouvons modifier notre comportement pour le rapprocher de nos convictions. Une personne qui souhaite préserver son équilibre peut commencer à refuser certaines sollicitations.

Nous pouvons également réviser une croyance. Cette évolution peut être constructive lorsqu’elle repose sur une réflexion ouverte et sur de nouvelles informations.

Il arrive aussi que nous ajoutions des justifications : le contexte était particulier, l’effort était nécessaire, le résultat finira par compenser les difficultés.

Une autre possibilité consiste à minimiser l’importance du problème. Ce qui nous affectait devient, dans notre discours, quelque chose de secondaire.

Enfin, nous pouvons éviter les informations contradictoires, notamment lorsqu’elles menacent un choix auquel nous sommes fortement attachés.

Ces réactions ne sont pas toujours conscientes. Leur intérêt clinique dépend notamment de leurs conséquences : favorisent-elles un ajustement possible ou entretiennent-elles une situation devenue douloureuse ?

Ce que montre l’expérience de Festinger et Carlsmith

En 1959, Leon Festinger et James Carlsmith ont proposé à des participants de réaliser des tâches ennuyeuses, puis de les présenter comme intéressantes à une autre personne.

Certains recevaient un dollar pour tenir ce discours, d’autres vingt dollars.

Les participants ayant reçu un dollar évaluaient ensuite la tâche plus favorablement que ceux ayant reçu vingt dollars.

Selon l’interprétation des chercheurs, la rémunération élevée offrait une justification extérieure suffisante au discours tenu. Avec une faible rémunération, la contradiction était moins facile à expliquer. Modifier son appréciation de la tâche pouvait alors contribuer à la réduire.

Cette expérience illustre une idée importante : nos convictions peuvent parfois évoluer pour rendre nos comportements plus cohérents à nos propres yeux.

Elle ne permet cependant pas d’expliquer toutes les décisions humaines. La théorie a suscité de nombreuses recherches, mais aussi des débats sur les mécanismes précis à l’œuvre et sur les conditions nécessaires à leur apparition.

Le regard de Rodolphe Oppenheimer : comprendre avant de chercher à changer

Dans l’approche proposée ici par Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et psychanalyste, les contradictions intérieures constituent un point de départ pour la réflexion.

Une personne peut savoir qu’une situation lui fait du mal sans se sentir capable de la modifier immédiatement. Cette difficulté mérite d’être explorée avec attention, en tenant compte de son histoire, de ses liens et de ses contraintes.

Il est notamment utile de se demander :

  • Qu’est-ce qui compte réellement pour moi dans cette situation ?
  • Que crains-je de perdre si je change ?
  • Quelles explications est-ce que je me répète ?
  • Ces explications correspondent-elles encore aux faits ?
  • Quel ajustement serait possible à mon rythme ?

L’objectif d’un travail psychothérapeutique peut être de retrouver une capacité à examiner ces questions sans se condamner à l’avance.

Reconnaître une contradiction ne signifie pas que tout ce qui a été vécu était une erreur. Il devient possible de réévaluer un engagement tout en reconnaissant ce qu’il a représenté.

Comment une psychothérapie peut-elle aider ?

Une consultation permet d’examiner une situation particulière au-delà des explications générales trouvées dans un article.

Le travail peut porter sur les circonstances qui déclenchent l’inconfort, les pensées qui reviennent, les émotions associées et les comportements qui suivent.

Dans une approche utilisant les thérapies comportementales et cognitives, il est notamment possible d’explorer les interprétations automatiques, les règles personnelles trop rigides et les évitements qui limitent les possibilités d’action.

Une réflexion sur l’histoire personnelle et relationnelle peut également aider à comprendre pourquoi certains choix sont particulièrement difficiles à remettre en question.

La démarche s’adapte à la personne et à ses besoins. Elle peut permettre de clarifier ses priorités, de mieux reconnaître ses limites et d’envisager des changements progressifs, sans exiger une décision immédiate.

Quand consulter pour des contradictions qui font souffrir ?

Avoir des contradictions fait partie de la vie psychique. Il n’est pas nécessaire de consulter à chaque hésitation.

En revanche, un accompagnement peut être envisagé lorsque vous vous sentez durablement bloqué, que vous revenez sans cesse sur les mêmes décisions ou que vous consacrez beaucoup d’énergie à justifier une situation qui vous pèse.

Vous pouvez également souhaiter consulter lorsque le décalage entre vos besoins et vos actes s’accompagne d’une culpabilité persistante, de ruminations ou de difficultés à poser vos limites.

Il n’est pas nécessaire d’avoir identifié la « bonne » explication avant de prendre rendez-vous. Vous pouvez simplement partir de ce que vous vivez : « Je sais que quelque chose ne me convient plus, mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi je continue. »

Consulter Rodolphe Oppenheimer en visioconsultation

Rodolphe Oppenheimer est psychothérapeute et psychanalyste et pratique les thérapies comportementales et cognitives. Il consulte exclusivement en visioconsultation, auprès de patients situés en France et dans les pays francophones.

Si vous souhaitez comprendre des contradictions qui vous font souffrir, clarifier une décision ou explorer une difficulté qui se répète, vous pouvez prendre rendez-vous en visioconsultation sur Doctolib.

Pour découvrir son approche et les informations de consultation, rendez-vous sur www.psy-92.net.

Questions fréquentes sur la dissonance cognitive

La dissonance cognitive est-elle une maladie ?

Non. Il s’agit d’un concept de psychologie qui décrit une tension possible entre certaines cognitions. Ce n’est pas un diagnostic psychiatrique.

Peut-on vivre une dissonance cognitive sans s’en rendre compte ?

Il est possible de ressentir un inconfort sans identifier clairement la contradiction qui y contribue. Les justifications mises en place peuvent également sembler parfaitement convaincantes à la personne qui les formule.

La dissonance cognitive est-elle de la mauvaise foi ?

Elle ne suppose pas une volonté consciente de tromper. Une personne peut croire sincèrement aux explications qui l’aident à rendre ses actes plus acceptables.

Faut-il toujours changer de comportement ?

La réponse dépend de la situation. Il peut être utile de modifier une habitude, de réexaminer une conviction trop rigide ou de mieux comprendre une contrainte réelle. Le travail consiste à discerner ce qui mérite d’évoluer.

Peut-on aborder ces difficultés en psychothérapie en ligne ?

Ces difficultés peuvent être abordées en visioconsultation. Un premier échange permet de préciser la demande et d’évaluer si ce cadre correspond aux besoins de la personne.

Références scientifiques

Festinger, L. (1957). A Theory of Cognitive Dissonance. Stanford University Press.

Festinger, L., & Carlsmith, J. M. (1959). Cognitive consequences of forced compliance. Journal of Abnormal and Social Psychology, 58(2), 203–210.

Harmon-Jones, E. (dir.). (2019). Cognitive Dissonance: Reexamining a Pivotal Theory in Psychology (2e édition). American Psychological Association.

Cet article a une vocation d’information et ne remplace pas une consultation.

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Prendre rendez-vous

Le plus difficile, c’est souvent le premier rendez-vous.

Vous n’avez rien à préparer. Le premier échange sert à faire connaissance et à voir si ce cadre vous convient.

Tarif 65 € la séance

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