Acrophobie.

Acrophobie.

Qui n’a jamais rêvé de vivre dans un appartement avec une vue panoramique soit sur la ville, soit sur un paysage féérique de campagne ? Être en hauteur nous procure normalement un sentiment de bien-être et parfois de domination sur notre environnement car nous nous sentons intouchables de là où nous sommes. D’ailleurs, il existe plusieurs bienfaits méconnus de l’altitude modérée sur la santé, mais c’est souvent la dose qui fait le poison selon Paracelse, un des pionniers de la médecine du XVIème siècle. En effet, cette dose n’est pas la même pour chaque individu. Certains ne supportent pas l’idée de monter à 1 mètre de haut et notamment dans un espace sans protections, car cela provoque chez eux une crise d’angoisse intense. Cette peur est appelée « Acrophobie ».

Pourquoi avons-nous peur de l’altitude ? Quels sont les symptômes de l’acrophobie et comment la guérir ?

Qu’est-ce que l’acrophobie ?

Elle est définie comme la peur irrationnelle des hauteurs. Certes, tout le monde ressent, à des niveaux différents, une certaine peur en hauteur et notamment lorsqu’il n’y a pas de protection. Par exemple, grimper sur une échelle en bois sans protection augmente notre peur et notre anxiété que lorsque nous montons une marche en bois avec des rebords de protection. Une personne normale monterait quand même l’escalier après quelques hésitations surtout s’il un motif valable existe pour qu’il le fasse. En revanche, les acrophobes ressentent une telle panique dès qu’ils montent en hauteur qu’ils font tout pour redescendre. Selon une étude scientifique, 2 à 5% de la population mondiale souffrent d’acrophobie.

L’acrophobie est une phobie de situation. Les personnes atteintes craignent toutes les situations où elles risqueraient de tomber ou de s’effondrer en l’absence de protection ou de quelque chose à laquelle s’accrocher. En fonction de la gravité de la phobie, l’acrophobe peut craindre de grimper ne serait-ce que d’un seul étage. L’acrophobie peut être accompagnée par d’autres malaises dont le vertige qui se manifeste par une sensation de rotation et une impression imminente d’évanouissement. L’acrophobie est parfois confondue avec l’aérophobie qui correspond à une peur des aéroports et des avions car l’acrophobe sait que dès qu’il entrera dans un avion, ce sera pour aller en altitude.

Des experts dans le domaine, estiment que l’acrophobie est due à une réaction savante suite à une chute antérieure mais elle peut aussi être héritée d’un parent ayant le même problème.

Comment identifier les symptômes de l’acrophobie ?

Comme toutes les phobies, l’acrophobie peut être observée car la personne atteinte transpire beaucoup rien qu’à l’idée d’aller en hauteur (et également lorsqu’il y arrive finalement), elle commence à crier de peur et à être paralysée. Il lui est alors impossible de parler et de réfléchir normalement.

Le second symptôme est l’évitement. En effet, l’acrophobe cherchera tous les moyens possibles pour éviter d’aller en hauteur. Par exemple, si vous avez gagné par le plus grand des hasards un séjour au Gevora Hotel de Dubaï avec ses 356 mètres de hauteur, mais que malheureusement vous êtes acrophobe, vous trouverez toujours un moyen de repousser ce séjour malgré le confort et le luxe que cela promet.

Hormis les symptômes physiques, les signes émotionnels comme le sentiment de panique lorsque l’acrophobe croit être déjà trop haut, sont présents. Son instinct de survie le mènera à s’accrocher à ce qui l’entoure et il commencera à ne plus faire confiance aux personnes qui l’entourent. Il se peut même que la personne ait tellement peur, qu’elle commence à s’agenouiller et à ramper à quatre pattes vers l’escalier le plus proche pour redescendre.

Que faut-il faire si vous êtes acrophobe ?

Dans un premier temps, il sera nécessaire de renoncer aux vacances à la montagne pour réduire tout sentiment d’anxiété ou de stress. Ensuite, il faut consulter un spécialiste dès que possible. Le principal traitement utilisé par les psychiatres est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) utilisée également pour traiter d’autres types de phobies. L’acrophobe apprendra ainsi à maîtriser ses émotions puis ses réactions face au vide et à la hauteur. Selon le médecin, la méthode utilisée peut différer car soit le patient est exposé progressivement aux stimuli, soit il est inondé par les choses qui lui font peur. Le but est toujours de fortifier sa personnalité et de lui apprendre à appréhender sa peur.

Comme tant d’autres phobies, l’acrophobie est un handicap pour le développement social d’un individu. C’est pourquoi, il ne faut pas hésiter à se soigner dès la détection des premiers signes de cette phobie. Plus l’acrophobe attendra, plus son mal impactera sur sa vie privée et professionnelle.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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