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Emétophobie

Il arrive que les enfants aient le mal des transports, qu’il s’agisse de faire un trajet en voiture ou en train ; le malaise se traduit par des vomissements dès que la route devient plus ou moins sinueuse. Pour certaines personnes, l’idée seule de vomir durant un voyage, même à destination d’une île paradisiaque, est si abominable qu’elle en devient un blocage dans leur vie quotidienne. Cette peur irrationnelle de vomir que ces personnes présentent s’appelle « émétophobie ».

Qu’est-ce que l’émétophobie ? 

Cette phobie touche plus souvent les femmes que les hommes, et se classe parmi les phobies spécifiques, telles que l’aquaphobie (peur de l’eau), l’arachnophobie (peur des araignées) et l’aviophobie (la peur des avions). Ainsi, les personnes atteintes feront en sorte d’éviter à tout prix les situations qui pourraient leur causer des vomissements. Si la phobie n’est pas détectée rapidement, et si la prise en charge par un spécialiste compétent est tardive, la guérison n’en sera que plus longue.

Il faut cependant noter qu’il existe plusieurs manifestations de cette phobie. Certaines personnes auront peur de voir quelqu’un d’autre vomir, tandis que d’autres auront peur que les gens les voient vomir. Ainsi, elles éviteront toutes les situations et les lieux (trains, bateaux, métro, autocar etc.) où cela pourrait se produire sans qu’elles ne soient en mesure de se soustraire à la vue des autres. Il peut même arriver que ces personnes évitent les restaurants, par peur de manger un plat dont le goût pourrait leur donner la nausée.

Quels sont les symptômes de l’émétophobie ?

Les émétophobes considèrent les signes corporels en lien avec le vomissement (gargouillements de l’estomac, états nauséeux, bruits intestinaux) comme une menace. À force de craindre cet état nauséeux, le cerveau finit par les matérialiser réellement, aggravant davantage l’émétophobie. Les principaux symptômes se résument comme suit :

  • Évitement des situations phobogènes ;
  • Malaise important lorsque la personne est face à l’une de ces situations ;
  • Signes physiques en présence de vomissure : accélération du rythme cardiaque, douleur dans la poitrine, vertige, forte transpiration, évanouissement, perte de contrôle de soi, anxiété accrue etc. ;
  • Amaigrissement dû à la peur de consommer des aliments susceptibles de provoquer des vomissements ;
  • Crainte d’être enceinte en raison des nausées matinales, mais aussi, pour les mamans, crainte de voir son bébé vomir lorsqu’il sera né.

Quel impact cela aura-t-il sur la vie de l’émétophobe ?

Les conséquences d’ordres social et sanitaire sont les plus à craindre lorsque nous sommes atteints d’une phobie spécifique. L’alimentation devient un souci et la personne aura tendance à diminuer le nombre et la qualité des repas qu’elle prendra quotidiennement, ce qui l’affaiblira considérablement. Il arrive aussi qu’une personne vomisse par anxiété, ou anxiété d’anticipation. Par ailleurs, les émétophobes éviteront également de voyager, pour ne pas vomir ou voir quelqu’un vomir, de sorte qu’il leur est presque impossible de se déplacer, même sur des courtes distances. Ils passent ainsi à côté d’une partie de leur vie. En outre, les sorties entre amis ne seront plus possibles car les lieux publics tels que les salles de cinéma, les restaurants, les centres commerciaux présenteront toujours des situations phobogènes.

Comment prendre en charge cette phobie ?

Il faut prendre en charge ce type de phobie pour ne pas être handicapé socialement. La première étape consiste à aller voir un spécialiste de la santé mentale pour qu’il puisse diagnostiquer la phobie et établir ainsi un traitement adapté. La méthode la plus utilisée et aussi celle qui a les meilleurs résultats à savoir, la thérapie cognitive et comportementale (TCC). Elle consiste à exposer progressivement la personne souffrant de la phobie à des situations qui la mettent mal à l’aise. La première exposition se fera dans un endroit sûr (centre de soins, domicile) et les situations phobogènes seront introduites peu à peu pour que le patient puisse s’adapter progressivement. L’idée consiste à le désensibiliser par paliers. Quelques semaines suffiront pour que certaines personnes parviennent à vaincre cette phobie, mais le traitement peut être plus long pour d’autres.

L’émétophobie est une maladie handicapante. Il ne faut pas hésiter à vous manifester si vous-même ou un proche en êtes atteint, car plus on tarde à la soigner et plus les conséquences sur notre vie sont pénibles.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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