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Le surmoi et la formation des relations objectales

Selon Sigmund Freud, la pulsion forme la base de l’inconscient. L’objet vient ensuite en seconde position. Pourtant, selon Klein, la relation à l’objet suit la pulsion. En tant que fantasme inconscient, elle constitue l’unité de base qui constitue le psychisme. Ces deux points de vue qui semblent contradictoires sont pourtant complémentaires. Ils sont indissociables. Ainsi Jakobson et Klein en ont fait la synthèse.

À partir de la théorie freudienne

La pensée freudienne est de nos jours perçue comme le balbutiement de la théorie de la relation objectale. Cette vision est mieux comprise depuis Klein. Jacobson a renforcé cet éclaircissement en proposant une conception génétique et structurale de l’évolution des relations objectales.

Il y a un lien intrinsèque et mutuel entre l’accomplissement des affects et des relations objectales intériorisées, les représentations de soi et d’objet, le moi et le surmoi. Par l’identification, ce lien complexe s’opère progressivement durant le développement psychique et génétique du caractère. Dans cette transition, il faut aussi tenir compte de la pulsion (instance instable) faisant partie du développement des relations objectales, des mécanismes de défense et de l’affect.

Notion de relation objectale, de Freud à Jacobson et Kenberg

De cette théorie freudienne, Jacobson et Kenberg gardent :

  • La notion de la relation objectale intériorisée en tant qu’unité interne du psychisme de base de l’inconscient
  • Les études rationnelles des mécanismes de défense primitifs spécifiques du moi en tant qu’élément constitutif de la relation objectale intériorisée
  • La progression du surmoi et de ses précédents se basant sur les relations objectales

Jacobson retient également la théorie de la sexualité infantile vue comme la manifestation des relations objectales prenant l’aspect de fantasmes inconscients.

 Le surmoi kleinien et les relations objectales

Chez Klein, l’introjecte et le surmoi se confondent dans leurs descriptions cliniques. Celles-ci mettent en scène des fantasmes inconscients. Elles considèrent comme phénomènes parallèles et confondus :

  • La formation de représentation de soi et d’objet
  • Le développement mental des affects et celui des relations objectales
  • Les mécanismes défensifs primaires et la génération du surmoi

Le surmoi, selon Klein, s’installe pendant le stade oral. Cette installation se fait par introjection de la mère et par le clivage qualitatif dichotomique de l’objet (le bon ou le mauvais objet). Ce dernier est perçu comme un danger externe qui persécute, donc à éviter.

Le surmoi archaïque vient de la pulsion de mort. Il est à l’origine des déboires psychiques de l’enfant et entretient un lien avec le désir d’introjection de l’objet de libido ainsi que de son incorporation. C’est une phase prématurée. Elle est marquée par des angoisses paranoïdes et de persécution. Durant cette phase, la relation objectale est partielle. En cas d’angoisse non maitrisée, il y a désintégration complète du moi et elle se rétracte au maximum.

Selon Klein, le surmoi subsiste dans une relation de symbiose avec la mère comme cela se produit dans la psychose. Avec le fantasme qui correspond, le surmoi autoritaire instaure de l’angoisse de persécution et de morcellement. Le fantasme est établi très tôt après la naissance des relations objectales avec l’imaginaire et la réalité.  Il a pour fonction de protéger contre l’angoisse et pourtant, en même temps, il la constitue.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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