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L’expérience subjective du vide, expérience pathologique douloureuse

Le sentiment de vide qui s’apparente à un manque est ressenti par beaucoup. En psychanalyse, cela fait l’objet d’une étude distincte s’imbriquant dans d’autres concepts dont notamment le désir. Par ailleurs, le vide est vécu différemment d’une personne à une autre, d’où la notion d’expérience subjective.

Notion d’expérience subjective

Les troubles mentaux sont vécus comme étant des expériences. Ces dernières sont pourvues de caractères distincts que l’on s’accorde à catégoriser au nombre de trois.

D’emblée, l’expérience peut être immédiate, c’est-à-dire que les troubles présentés figurent parmi une conscience actuelle. L’expérience peut aussi être qualitative, à l’instar des expériences douloureuses ou autres.

La subjectivité de l’expérience s’entend alors comme des expériences se voyant attribuer un trait personnel. La subjectivité est le troisième trait caractéristique. Cela signifie que les sentiments, les vécus et les contenus de l’expérience sont essentiellement privés et ne peuvent être vérifiables que par le patient en question.

Le vide en psychanalyse

Le concept du vide doit d’abord être cerné. Pour cela, il importe de dissocier le concept lacanien (qui relie le vide au désir de la symbolisation primordiale et la castration) du sentiment de vide exprimé banalement. En effet, le vide ici se rallie à une approche pathologique qui manifeste une discordance dans l’organisation du moi.

La crainte de l’effondrement est la pierre angulaire de l’expérience subjective du vide. De façon distincte, cet édifice du vide primaire se raccorde à un état de défense. Ce dernier est mis en place pour contrer un état de chose impensable ou encore insoutenable.

Le complexe de la mère morte qui se réfère à la perte de l’objet est la position dépressive. Dans le même cas, le vide est le moyen d’échapper à un traumatisme maternel vécu ultérieurement. Cela implique que pour faire face à la douleur, l’angoisse ou encore le silence, il est devenu un moyen de défense quand les autres mécanismes sont épuisés. Le complexe de la mère morte alors se recoupe avec le stade de miroir énoncé par Lacan. En effet, le vide du regard de la mère se révèle être une défaillance de l’environnement du bébé et de l’enfant. Le complexe de la mère morte tire son particularisme de par son transfert dépressif qui est une répétition d’une dépression infantile.

L’expérience subjective du vide

L’expérience subjective du vide est un sentiment de soi qui dérive de la conscience et qui est caractérisé de pathologique. En effet, la douleur, l’angoisse et d’autres sentiments perturbants font surface lorsque la relation normale entre le soi et les représentations d’objets intégrées ne sont plus aux normes. Cela explique pourquoi la perte d’un objet ou d’une personne peut être douloureuse subjectivement. Mais cette sensation va toujours de pair avec un sentiment de vide, de solitude poussé à son extrême ou encore l’expérience d’une angoisse permanente.

Pour faire face à ce sentiment de vide, beaucoup se ruent vers des activités en guise de traitement. Il s’agit notamment de la drogue, de l’alcool, de la satisfaction charnelle et de la méditation ou concentration spirituelle.

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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