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Le saviez-vous ? La “hangxiety” (contraction de
hangover – gueule de bois, et anxiety – anxiété)
touche près de 12 % des buveurs sociaux. Ce n’est pas un manque de
volonté, mais un véritable déséquilibre chimique provoqué par
l’élimination de l’alcool.

Se réveiller après une soirée arrosée avec un sentiment de
culpabilité inexplicable, une sensation d’oppression dans la poitrine,
ou la peur panique d’avoir dit ou fait une bêtise… Si vous
connaissez ces lendemains de fête douloureux, vous faites l’expérience
de la hangxiety.


Le mécanisme chimique de la hangxiety

L’alcool est un dépresseur du système nerveux central. Sur le coup,
il détend car il imite un neurotransmetteur apaisant appelé le GABA,
tout en bloquant le glutamate (le neurotransmetteur excitateur). Vous
vous sentez joyeux, désinhibé et relaxé.

Mais le lendemain, la donne change :

  • Le rebond de glutamate : Pour compenser l’effet
    sédatif de la veille, votre cerveau produit un excès massif de
    glutamate et réduit vos récepteurs de GABA. Votre système nerveux se
    retrouve en état de sur-excitation chimique complète.
  • Le pic de cortisol : L’élimination des toxines
    de l’alcool par le foie fatigue l’organisme et fait grimper en flèche
    les hormones du stress.
  • La déshydratation : Elle accélère le rythme
    cardiaque, ce qui peut facilement mimer ou déclencher une crise d’angoisse.

Comment calmer la tempête de la hangxiety ?

Si vous êtes actuellement au fond de votre lit à regretter votre
soirée, voici comment aider votre corps à retrouver son équilibre
chimique :

1. Hydratez-vous intelligemment

L’eau seule ne suffit pas
toujours à compenser la perte en minéraux. Buvez de l’eau riche en
électrolytes (ou de l’eau de coco, ou un bouillon de légumes). Cela
aide à calmer la tachycardie causée par la déshydratation.

2. Rassurez votre esprit (La bulle de bienveillance)

Votre
cerveau en manque de chimie apaisante va chercher des prétextes pour
angoisser (peur d’avoir vexé quelqu’un, peur d’être ridicule).
Répétez-vous : “Ce que je ressens est purement chimique, c’est
l’alcool qui quitte mon corps. Je n’ai rien fait de mal, j’ai juste
besoin de repos.”

3. Mangez des glucides complexes et des acides
aminés

Offrez à votre cerveau de quoi fabriquer à nouveau ses
neurotransmetteurs de la sérénité. Un repas à base d’œufs (riches en
cystéine pour aider le foie), de bananes (pour le potassium) ou
d’avoine stabilisera votre glycémie et calmera l’agitation
nerveuse.


Prévenir pour les prochaines fois

La seule vraie façon d’éviter la hangxiety est de modérer sa
consommation. Si vous choisissez de boire, appliquez la règle du verre
d’eau systématique entre chaque boisson alcoolisée. Sachez également
que si vous souffrez déjà d’une anxiété
généralisée
au quotidien, l’alcool agira toujours comme un
amplificateur de vos symptômes le lendemain.

Prendre rendez-vous

Si ces difficultés perturbent votre quotidien, un accompagnement psychothérapeutique peut vous aider à mieux comprendre ce qui déclenche l’angoisse et à avancer à votre rythme. Contacter Rodolphe Oppenheimer.

À propos de l’auteur

Rodolphe Oppenheimer est psychothérapeute et psychanalyste basé à Paris. Il accompagne notamment les troubles anxieux, les phobies et les difficultés pouvant être travaillées en téléconsultation de psychologie.

Repères documentaires

  1. National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism. Hangovers. Consulter la source
  2. Palmer, E. et al. (2019). Alcohol Hangover: Mechanisms and Mediators. Alcohol and Alcoholism. Consulter la source
  3. Marsh, B. et al. (2019). Shyness, alcohol use disorders and 'hangxiety': A naturalistic study of social drinkers. Personality and Individual Differences, 139, 13-18. Consulter la source
  4. Verster, J. C. et al. (2023). Depression, Anxiety, and Stress among Hangover-Sensitive and Hangover-Resistant Drinkers. Consulter la source