Qu’est-ce qu’une dépression saisonnière ?

Qu’est-ce qu’une dépression saisonnière ?

Appelée aussi trouble affectif saisonnier, la dépression saisonnière ressemble à la dépression clinique avec quelques spécificités. En effet, il s’agit une dépression liée au manque de lumière naturelle.
C’est la raison pour laquelle dès que l’hiver arrive, certains individus peuvent présenter un état dépressif et ressentir de la fatigue, un sentiment de désespoir, un retrait social.

Différentes hormones ont leur part de responsabilité dans la dépression saisonnière comme la mélatonine, hormone régulant le rythme biologique, et la sérotonine ou “hormone du bonheur” intervenant dans la souffrance morale et permettant la transmission entre neurones.
La dépression affective saisonnière touche près de la moitié de la population Canadienne et Scandinave.

Trouble affectif saisonnier avec hypersomnie

Les symptômes du trouble affectif saisonnier sont une humeur dépressive, une anxiété, une diminution de la concentration, une baisse d’énergie et donc de la fatigue pouvant aller jusqu’à l’hypersomnie.
Dans 80 à 97% des cas de trouble affectif saisonnier nous retrouvons une hypersomnie. On retrouve également une hyperphagie dans 70 à 80% des cas, des fringales, en lien avec une prise de poids.
En effet, une des particularités de cette pathologie est l’apparition de l’appétence pour le sucre.

Ce trouble tient son nom de sa période d’apparition c’est à dire lorsque la durée d’ensoleillement dans une journée commence à réduire pour laisser place à une nuit plus longue.

Le mauvais temps peut être un déclencheur de l’installation de cet épisode dépressif. Ainsi, ce dernier débute entre septembre et décembre et se prolonge jusqu’en mars/avril. Les symptômes sont absents entre mai et août.

Le patient en vient à consulter lorsque ses symptômes l’empêchent de mener à bien son quotidien.

Dépression saisonnière : une maladie circadienne

À peu près 500 000 des français sont touchés par la dépression saisonnière, avec plus de cas dans le Nord que dans le Sud. Si elle varie par conséquent selon la latitude, elle est tout de même liée à l’horloge biologique.
L’alternance entre le jour et la nuit en automne constitue un bouleversement pour cette dernière.

En d’autres termes, lorsque la nuit tombe, le cerveau et plus spécifiquement l’hypothalamus envoie un  message à la glande pinéale de sorte à ce qu’elle secrète la mélatonine permettant l’endormissement.

Le rôle de l’hypothalamus est donc de faire passer à l’horloge biologique ces informations de façon automatique. Une sécrétion précoce de mélatonine traduit un trouble dans la partie de l’hypothalamus responsable de la transmission d’information vers la glande pinéale. Cette production anticipée serait à l’origine du décalage de rythme entre ce qu’il se passe et ce que l’horloge biologique ordonne.

D’un autre côté, la sérotonine, une hormone responsable de l’humeur, des émotions, de l’appétit et du sommeil peut être aussi être à l’origine d’une dépression saisonnière.

Bien qu’il s’agisse d’une dépression, les antidépresseurs ne sont pas appropriés du fait de la nécessité d’une prise sur le long terme. La luminothérapie est un outil qui s’est s’avéré être très efficace grâce à son action directe sur l’horloge biologique et la mélatonine.

 

Rodolphe Oppenheimer

Rodolphe Oppenheimer, Psychothérapeute Psychanalyste à Paris

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