La phobie scolaire

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Si l’idée que personne n’aime aller à l’école est répandue, certains adolescents éprouvent une réelle angoisse à l’idée de se rendre en cours, ou de faire face à leurs professeurs et camarades. Un phénomène appelé « phobie sociale », et qui est de plus en plus fréquent chez les jeunes. De quoi s’agit-il, et comment lutter contre ces angoisses ?

La phobie scolaire, qu’est-ce que c’est ?

La phobie scolaire se manifeste chez les enfants et les adolescents par une angoisse liée au fait de se rendre en cours. Douleurs de ventre et de tête, nausées, sentiments de détresse, de peur voire crises d’angoisses : les symptômes sont handicapants et empêchent les personnes atteintes de se rendre en cours en toute tranquillité et surtout de suivre un parcours scolaire normal. Plus qu’un simple refus d’aller à l’école, cette angoisse est donc une incapacité : les jeunes atteints peuvent avoir la volonté d’apprendre et d’aller à l’école mais ne pas arriver à y aller, paralysés par leurs angoisses et leurs appréhensions.

Même s’il est difficile d’établir des statistiques, on estime généralement que 1 à 5% des 12-19 ans sont concernés par la phobie scolaire. Il n’y a pas vraiment de profil type pour les personnes atteintes : cette angoisse touche aussi bien les bons élèves que les moins bons, et autant les enfants populaires que les enfants qui ont plus de mal à se faire des amis.

Quels sont les symptômes de la phobie scolaire ?

Les symptômes de phobie scolaire se manifestent en période d’école et disparaissent le week-end ou durant les vacances. L’angoisse peut se manifester de manière physique (douleurs abdominales, nausées voire vomissements, migraines, battements cardiaques, sueurs froides), mais aussi de manière psychologique, avec des manifestations telles que des crises d’angoisse, des attaques de panique, ou encore des crises de larmes, lorsqu’il s’agit de se rendre à l’école. Elle peut aussi se traduire par des paroles extrêmes voire violentes : l’enfant ou l’adolescent supplie ses parents de le laisser rester à la maison, menace de fuguer, voire de se suicider si on le « force » à aller à l’école. Un signe révélateur est également la recherche de « causes » à son mal-être scolaire : un prof qui ne l’aime pas, des camarades qui le harcèlent… Parfois, les symptômes de malaise classique chez les jeunes et adolescents sont également des signes de phobie scolaire : anorexie, troubles du sommeil, refus de se lever, isolement.

Evidemment, on reconnait également une personne atteinte de phobie scolaire à son taux d’absentéisme ou de retards : la personne peut mettre en place des situations d’évitement (sécher les cours, passer sa journée en permanence ou à l’infirmerie pour éviter d’entrer en classe, voire faire l’école buissonnière). Les retards et absences peuvent dégénérer en une incapacité totale de se rendre en cours : la personne refuse alors de quitter sa maison, tout en perdant goût à la vie même extérieure à l’école (loisirs, activités sportives ou sociales).

Quelles en sont les causes ?

Comme toute phobie, les causes peuvent être liées à l’individu et à son caractère, mais aussi à son environnement.

Les causes individuelles sont en général indépendantes de l’école : l’enfant ou adolescent peut être sujet à l’anxiété de séparation, la peur de l’échec ou du jugement des autres, ou atteint d’une forme de phobie sociale. L’angoisse peut aussi se développer inconsciemment pour attirer l’attention de ses parents (lors d’un divorce par exemple).

Quant aux causes environnementales, il peut s’agir de situations de harcèlement (ou cyber harcèlement), d’échec scolaire (lié à de la dyslexie, une difficulté à suivre le rythme ou des troubles de la concentration par exemple), des difficultés à s’adapter, à se faire des amis… La phobie scolaire est souvent liée à un stress post-traumatique (humiliation de la part de ses camarades, rejet, menaces ou agressions…).

Quelles en sont les conséquences ?

Les conséquences à court terme pour la personne atteinte sont une souffrance (physique et psychologique) et un sentiment d’être incompris. Pour l’entourage, un éloignement ; et pour la famille, une perturbation de l’équilibre familial. Les parents tentent tout, de la douceur aux menaces, pour que l’enfant retourne en cours, et cela crée de la distance entre eux. A long terme, les conséquences sont encore plus graves : isolement, déscolarisation ou échec scolaire, dépression, impact sur l’avenir professionnel… La phobie scolaire d’un enfant peut avoir un impact sur les parents également, avec un arrêt d’activité professionnel, un burnout causé par l’accumulation de problèmes du côté familial et professionnel…

Comment traiter la phobie scolaire ?

La première chose à faire est d’en parler. L’enfant ou l’adolescent doit s’ouvrir à ses parents, ou à d’autres personnes de confiance comme ses amis, professeurs, l’infirmière de l’école ou le médecin traitant… Le plus dangereux est de garder ses angoisses pour soi, de s’isoler, ou de nier le problème en tentant de l’enfouir.

Un psychanalyste pourra régler le problème et/ou se faire assister par un autre professionnel (orthophoniste) etc.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire, pour les parents, est de déscolariser l’enfant (en lui faisant prendre des cours par correspondance par exemple). Plus l’absentéisme sera long, plus il sera difficile d’en sortir. Cette solution n’en est pas une : en évitant de se confronter au problème, elle y pose un pansement et ne contribue pas à le soigner.

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